Critique: God of War: Sons of Sparta
Voici notre critique du jeu God of War: Sons of Sparta, testé sur PlayStation 5.

Genre: Action, Plates-formes, Metroidvania
Développeur: Mega Cat Studios, Santa Monica Studio
Date de sortie: 13 Février 2026
Disponible exclusivement sur PlayStation 5.
Lors du State of Play du 12 février dernier, la fin de cette présentation a été marquée par l’annonce officielle du Remake de la trilogie mythique des jeux God of War originaux. Malheureusement, l’annonce s’est révélée quelque peu décevante, car aucune information n’a été dévoilée. Cependant, pour plaire aux fans, une ultime annonce a aussi été faite au même moment, soit la sortie immédiate du jeu God of War:Sons of Sparta. Les réactions furent assez mitigées, car le jeu proposé diffère énormément des autres jeux de la série. On délaisse le côté Action/ Hack and Slash auquel on est habitué pour un jeu de style Metroidvania qui risque d’en dérouter plus d’un. Qui aurait pu croire que, un jour, on retrouverait Kratos dans un jeu du genre? Est-ce le jeu parfait pour faire patienter les fans jusqu’à la sortie du Remake de la trilogie? Ou bien est-ce un pétard mouillé qui impacte négativement la réputation impeccable d’une franchise mythique du jeu vidéo? Voyons ça ensemble!
Une histoire sans saveur et sans intérêt
C’est sous la forme d’une narration en arrière-plan que Kratos, notre héros légendaire, raconte une partie de son histoire à sa fille Calliope. Ces souvenirs remontent au temps où Kratos n’était qu’un simple adolescent au sein de la cité de Sparte. Suite à la disparition d’un membre de la cité, Kratos décide d’accompagner Deimos, son frère et fidèle compagnon, à la recherche de la personne portée disparue, même si cela ne fait pas l’unanimité auprès de tous. Cette recherche marquera aussi l’une des premières sorties de la cité de Sparte pour nos deux jeunes aventuriers. Au cours de l’aventure, Kratos et Deimos vont découvrir ce qui se cache derrière les moindres recoins de Laconia, tout en faisant la rencontre de certaines divinités grecques qui viendront en aide, d’une manière ou d’une autre, aux deux frères. Leur quête sera souvent ralentie par la présence de plusieurs créatures issues de la mythologie grecque.
Malheureusement, God of War: Sons of Sparta ne tire pas son épingle du jeu grâce à son histoire. Celle-ci est sans saveur et sans réel intérêt. L’intrigue est soutenue par des dialogues longs (souvent beaucoup trop longs) et parfois même agaçants et superflus. La moitié des dialogues auraient pu être enlevés sans nuire au développement de l’arc narratif. De plus, aucune option ne permet de passer les dialogues: il faut les écouter dans leur intégralité. Le seul point positif est que l’acteur qui a prêté sa voix à Kratos dans la série originale, TC Carson, fait son retour en tant que narrateur. La narration est excellente et permet d’oublier les interactions parfois enfantines et répétitives entre Kratos, Deimos et certains PNJ. C’est vraiment décevant, car j’attendais avec impatience d’en savoir plus sur les origines de Kratos et l’histoire aurait dû être le point culminant du jeu.

La narration vient sauver la mise.
Dans les derniers opus de la franchise, la mythologie nordique a été un peu plus exploitée, mais dans Sons of Sparta, on revient à la source en puisant à nouveau au sein de la mythologie grecque avec des infrastructures et des environnements propres à celle-ci et un bestiaire qu’on reconnaît rapidement, avec des harpies, le Minotaure, des gorgones, des cyclopes, des sirènes et j’en passe. C’est un réel plaisir de retourner dans cet univers qui a fait naître une franchise qui est maintenant légendaire, même si l’histoire manque de punch.


God of Metroidvania?
Qui aurait cru un jour que l’univers brutal et les scènes d’action cinématographiques de God of War se retrouveraient dans un jeu de style Metroidvania ? Ça, je crois que personne ne l’a vu venir. Sons of Sparta propose un univers 2D à défilement horizontal, où l’on est amené à se déplacer de plate-forme en plate-forme tout en résolvant des puzzles et des énigmes pour accéder à certains passages. Pour nous aider, il vous faudra utiliser les compétences et les objets que vous obtiendrez au cours de l’aventure. Je pense au buste de pierre qui nous permet d’activer certains mécanismes avec sa vision « laser », ou encore au lance-pierre qui nous sert d’arme pour attaquer certains ennemis et qui permet d’activer des mécanismes hors de notre portée. Presque chaque nouvel objet vous donne accès à de nouvelles zones.



Et les combats dans tout ça?
Au niveau des combats, oubliez les scènes d’action dignes des plus grands films hollywoodiens dans lesquelles Kratos est attaqué de tous les sens par des dizaines d’ennemis. Ici, on est plutôt sur une base qui représente très bien le style de jeu choisi. On affronte une petite poignée d’ennemis ici et là, souvent disposés sur différentes plates-formes, ce qui fait en sorte qu’on affronte rarement une horde d’ennemis simultanément. Il est même souvent possible d’affronter un ennemi sans lui faire face directement. Il suffit d’attirer l’ennemi au bord d’une plate-forme et de l’attaquer à partir de la plate-forme inférieure, rendant ainsi certains affrontements assez ridicules. Et c’est le cas de plusieurs ennemis. Leurs déplacements, leurs mouvements ainsi que leurs attaques ne sont pas toujours utilisés de façon optimale.
Le jeu propose également un petit code de couleurs pour les ennemis, qui change en fonction des actions à venir. Si, par exemple, un ennemi prend une couleur spécifique, c’est signe qu’il faut adapter notre approche. Les ennemis peuvent adopter différentes couleurs, soit le jaune, le bleu, le rouge ou le violet. Chaque couleur possède sa propre signification: l’une peut indiquer qu’une attaque ne peut pas être parée, une autre qu’elle ne peut pas être esquivée, tandis qu’une dernière signale qu’il est impossible de contrer l’attaque en préparation. Il est donc crucial de mémoriser le code des couleurs et d’adapter notre approche face à certains ennemis redoutables.



Un Kratos amélioré en vaut deux
Dans God of War: Sons of Sparta, la progression de Kratos ne repose pas sur une formule d’expérience gagnée pour augmenter les niveaux et ainsi améliorer notre personnage. Ici, tout repose sur l’accumulation d’orbes rouges. Avec ces orbes, il est possible d’apprendre de nouvelles techniques dans des arbres de compétences, d’améliorer certains équipements ou d’en fabriquer de nouveaux. Il est possible de modifier plusieurs parties de notre lance, comme la pointe, la poignée et l’extrémité. Ces améliorations permettent d’ajuster certains effets de combat selon le style de jeu que l’on souhaite adopter, ou encore de s’adapter à une situation spécifique ou à un type d’ennemi en particulier. Elles peuvent, par exemple, ajouter des dégâts élémentaires, améliorer les parades ou même augmenter la portée de nos attaques.
En plus d’avoir la possibilité de choisir entre plusieurs pièces de rechange pour notre lance, il est également possible de les améliorer sur plusieurs niveaux, et ce, individuellement. Il devient donc envisageable d’améliorer certaines pièces tout en ignorant celles qui semblent moins intéressantes. Il est aussi possible d’améliorer d’autres pièces de notre équipement, comme le bouclier ou la ceinture de Tyché, ce qui ajoute un peu de variété. Le système d’amélioration avec les orbes rouges fonctionne relativement bien et est assez intuitif. Cependant, j’aurais aimé avoir accès à différentes armes, parce qu’ici, vous n’aurez qu’une seule arme et c’est votre fidèle lance. C’est un peu contre-intuitif pour un jeu du genre, surtout quand il fait partie de la série des God of War.


Une exploration simple, mais satisfaisante
Au niveau de l’exploration, celle de Sons of Sparta est plus simple que celle de la majorité des jeux du même genre. Il n’y a pas beaucoup de zones inaccessibles nécessitant une capacité précise et, lorsque c’est le cas, la technique requise se trouve généralement à proximité. De plus, le côté plates-formes du jeu est assez pauvre. Oubliez les sauts calculés au pixel près, les enchaînements interminables de wall-jumps ou les combinaisons complexes de techniques pour vous déplacer. Ici, on demeure dans la simplicité, ce qui rend l’exploration moins excitante.
Toutefois, les différentes zones proposées dans Sons of Sparta sont assez variées. On y retrouve des thématiques de forêts, de grottes, de marais, de châteaux déchus, de canalisations sanglantes, de sommets montagneux, et bien d’autres. L’ensemble offre une excellente diversité d’environnements, apportant un certain vent de fraîcheur, malgré des zones parfois un peu petites et inégales dans leur conception. Somme toute, le jeu propose une exploration typique du genre Metroidvania, sans artifices. Le titre aurait toutefois gagné à être un peu plus exigeant afin d’exploiter pleinement les différentes techniques apprises au fil de l’aventure. Il aurait également bénéficié de zones plus vivantes et mieux structurées.


Un look qui détone
God of War: Sons of Sparta propose un rendu en 2D avec un pixel art soigné. C’est un style qui fonctionne généralement très bien pour ce type de jeu, mais qui cloche pour un God of War. Un design plus moderne l’aurait assurément plus mis en valeur et aurait attiré un plus grand auditoire. Il n’est pas laid, loin de là, mais ce look ne colle pas trop avec le reste de l’univers. Heureusement, il offre plusieurs environnements uniques qui permettent au joueur d’explorer des panoramas variés et thématiques. Malheureusement, certaines zones sont nettement moins réussies et soignées que d’autres. Alors que certains décors sont magnifiques et vivants, d’autres paraissent plus fades et manquent d’originalité.
Le style visuel repose sur deux couches distinctes: le premier plan, où évolue notre personnage, et une seconde couche en arrière-plan. Cet arrière-plan est bien souvent animé, apportant une profondeur et une richesse visuelle notable. Cela contribue à rehausser le niveau de détail et la sensation de vie de certains environnements. Cependant, il arrive que les animations de l’arrière-plan ne s’intègrent pas parfaitement à la scène du premier plan, ce qui peut parfois créer de la confusion, notamment concernant certaines plates-formes que l’on pourrait croire accessibles.



Ce style visuel est soutenu par une direction audio que je qualifierais de correcte. Les différentes pièces musicales s’harmonisent généralement bien avec les environnements et les situations rencontrées, qu’il s’agisse d’un combat de boss intense ou d’une épreuve d’agilité. À ce niveau, le travail est convaincant. C’est davantage du côté du doublage et de certains dialogues que j’ai relevé quelques problèmes. Par exemple, certains dialogues apparaissent sous forme de sous-titres à l’écran, mais sans que l’audio correspondant soit joué. De plus, il arrive que certaines voix choisies ne correspondent pas parfaitement aux personnages auxquels elles sont attribuées. Somme toute, le jeu propose une direction artistique et audio très acceptable, contribuant à une immersion efficace dans un univers ancré dans la mythologie grecque.
Un bon jeu, mais…
Finalement, je crois que Sons of Sparta est un bon jeu, mais un mauvais God of War. Ce nom crée des attentes chez les joueurs, et l’ADN de la série n’a pas été respecté. Même en sachant pertinemment qu’il s’agit d’un spin-off, on aurait pu s’attendre à des combats dynamiques, des déplacements excitants et un arsenal varié. Il conserve certainement la thématique et le nom du personnage principal, mais il oublie les autres aspects qui ont fait le succès de la série, y compris les boss gigantesques. Si l’on oublie qu’il s’agit d’un God of War, le jeu se révèle quand même être un bon Metroidvania. Sans être le meilleur de sa catégorie, il respecte les codes du genre en proposant de bonnes idées et une bonne accessibilité. Cela étant dit, étant un grand fan du genre Metroidvania. Cependant, ne vous attendez pas à une expérience aussi épique et cinématographique que celle des autres jeux de la série. Sur ce, je lui donne la note de 7.5 sur 10.
Points positifs:
- Un Metroidvania très agréable, qui respecte les standards du genre
- Une exploration simple et sans frustration
- Un système d’amélioration intuitif
- Des combats parfois intenses et très fluides
- C’est un plaisir de revisiter la mythologie grecque
- TC Carson à la narration
- Une direction artistique réussie…
Points négatifs:
- … mais un style qui ne colle pas tout à fait avec l’univers
- Des dialogues souvent très longs et pas toujours pertinents
- Certains éléments d’arrière-plan rendent l’action moins lisible
- Une utilisation excessive des sons et des fonctions de vibrations de la DualSense
- Des ennemis qui agissent parfois de manière ridicule
- L’arsenal ne compte qu’une seule arme: la lance
- Une histoire sans saveur et loin d’être à la hauteur de la franchise God of War
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu God of War : Sons of Sparta. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à PlayStation de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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