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Critique: Mina the Hollower

Voici notre critique du jeu Mina the Hollower, testé sur Nintendo Switch 2.

Genre: Jeu d’aventure et d’action, Rétro, Jeu indépendant
Développeur: Yacht Club Games
Date de sortie: 29 Mai 2026

Disponible sur Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Xbox Series et PC.

De nos jours, les mégaproductions à gros budgets se multiplient dans l’industrie du jeu vidéo. Les titres s’enchaînent les uns après les autres, chacun tentant de repousser les limites du média et de se démarquer dans un marché où la concurrence est particulièrement féroce. Malgré cette réalité dominée par les jeux AAA aux productions hollywoodiennes, les jeux rétro demeurent très présents dans l’univers vidéoludique, notamment grâce au facteur nostalgie. En 2014, le studio indépendant Yacht Club Games a démontré son savoir-faire en lançant Shovel Knight, un jeu qui est rapidement devenu un immense succès. Le jeu a connu plusieurs extensions et même des spin-offs, mais il était temps pour le studio de passer à autre chose. C’est donc dans Mina the Hollower que Yacht Club Games a placé tous ses espoirs au cours des dernières années. Après plusieurs retards de production, le jeu a finalement vu le jour le 29 mai dernier, au plus grand plaisir des joueurs. Et croyez-moi, l’attente en valait largement la peine. Mais Mina the Hollower brille-t-il aussi intensément que son prédécesseur?

Un énorme fossé entre histoire et contenu

Dans Mina the Hollower, on incarne Mina, une ingénieure de renom qui, quelques années auparavant, a supervisé la construction et l’installation d’un réseau électrique ayant permis au royaume d’Ossex, qui sert de hub central lors de l’aventure, de prospérer et de devenir le cœur de la région. Un jour, Mina reçoit une lettre de son vieil ami Lord Lionel, dirigeant d’Ossex. Celui-ci lui annonce que le système électrique est tombé en panne, plongeant la ville dans une situation précaire. Cette énergie était devenue essentielle au développement de la cité et à l’exploitation des terres environnantes. Lionel demande donc à Mina de revenir à Ossex afin d’identifier l’origine du problème et, si possible, d’y remédier.

À son arrivée, Lionel lui expose les grandes lignes de la situation. C’est alors que débute notre aventure. Notre objectif consiste bien sûr à réparer le réseau électrique, mais également à découvrir les véritables causes de cette panne majeure. Rapidement, tout porte à croire qu’il ne s’agit pas d’un simple accident. Quelque chose de plus sombre semble se cacher derrière ces événements.

Accompagnez Mina dans une folle aventure!
La lettre qui changera la vie de Mina.

Mina the Hollower ne brille certainement pas par la qualité de son scénario, qui demeure assez conventionnel. Cela dit, le jeu a l’intelligence de ne jamais imposer de longues séquences de dialogues qui viendraient ralentir le rythme de l’aventure. L’univers et son histoire se dévoilent plutôt à travers de courts échanges avec les personnages rencontrés ou par l’entremise de diverses découvertes faites au fil de l’exploration. Au final, l’histoire demeure largement secondaire. La véritable force du titre repose sur la richesse de son contenu, la liberté qu’il accorde au joueur et ce sentiment constant de découverte qui nous pousse à explorer chaque zone dans l’espoir de dénicher un nouveau secret ou une récompense particulièrement intéressante.

Un monde vaste et intriguant

Sur papier, Mina the Hollower pourrait paraître relativement linéaire, puisque notre mission principale consiste à réactiver six générateurs d’étincelles afin de remettre le réseau énergétique en fonction. Pourtant, le jeu propose un vaste monde ouvert présenté en vue de dessus, où aucun chemin précis n’est imposé au joueur et où aucune aide artificielle ne vient constamment lui indiquer la direction à suivre. C’est en explorant les différentes régions et en prêtant attention aux dialogues des personnages que l’on parvient à tracer sa propre route vers l’objectif principal.

Le monde du jeu comprend près de seize zones distinctes à explorer, et ce, dans l’ordre de notre choix. Contrairement à plusieurs jeux de type Zelda, aucune région n’est verrouillée derrière l’obtention d’un objet particulier. Il est donc possible de parcourir le monde comme on l’entend, même si certaines zones sont nettement plus dangereuses que d’autres. C’est d’ailleurs là que réside le véritable plaisir de Mina the Hollower. Chaque chemin, chaque détour et chaque obstacle méritent d’être examinés avec attention. Le jeu récompense généreusement les joueurs curieux en leur offrant de nombreuses ressources, de l’équipement utile et divers secrets qui facilitent la progression.

Bonne chance pour vous retrouver dans toutes ces zones.
Le journal disponible à Ossex fait mention de nos exploits, et parfois nous donne des indices.

Il ne faudrait surtout pas oublier de dire que ce jeu comprend 26 boss et mini-boss, et qu’ils sont tous très différents. Ne pensez pas les vaincre tous de la même manière, car chacun possède sa manière subtile d’être apprivoisé pour être en mesure de les éliminer sans trop de problèmes. Combattre ces boss est un réel plaisir et, même si certains sont parfois assez difficiles, ce n’est jamais un fardeau d’y retourner pour mettre fin à ce cauchemar.

Les combats de boss sont mémorables!

Une jouabilité à la Zelda?

Je ne passerai pas par quatre chemins: si vous aimez le style de gameplay de titres comme Zelda: A Link to the Past, Zelda: Oracle of Seasons, Zelda: Oracle of Ages ou encore Link’s Awakening, vous serez ravis d’apprendre que Mina the Hollower reprend les fondations qui ont fait le succès de ces classiques tout en y ajoutant de nouvelles mécaniques. Le résultat est un vent de fraîcheur bienvenu sur une formule qui était déjà remarquablement efficace à l’époque. Comme mentionné précédemment, le jeu adopte une vue de dessus où l’on guide Mina à travers les différentes régions du monde. Notre héroïne ne dispose pas d’un éventail démesuré d’actions. L’approche choisie par le studio mise plutôt sur la simplicité: une touche pour attaquer avec l’arme principale, une autre pour utiliser une arme secondaire, une pour consommer une potion de soin et une dernière pour sauter. Cette même touche permet également de creuser lorsqu’elle est utilisée une seconde fois après l’atterrissage.

Le cœur du gameplay repose principalement sur la capacité de creusage de Mina. Après un saut, il est possible d’appuyer à nouveau sur la même touche dès l’atterrissage afin de s’enfoncer sous terre pendant un court instant avant de jaillir à la surface. Lorsqu’elle ressort du sol après avoir parcouru une certaine distance sous terre, Mina bénéficie d’une poussée supplémentaire qui lui permet de couvrir une plus grande distance qu’avec un saut normal. Cette mécanique constitue le cœur même de l’aventure. Elle est essentielle autant pour l’exploration que pour les affrontements. C’est grâce à elle que l’on peut franchir certains gouffres, atteindre des interrupteurs éloignés, éviter des attaques ennemies ou encore contourner divers pièges et obstacles dissimulés à travers l’univers du jeu.

Autant pour attaquer…
… que pour esquiver…
… ou pour résoudre des puzzles, le creusage est très efficace.

Au début de l’aventure, cette mécanique peut sembler quelque peu déroutante et manque parfois d’intuitivité. Toutefois, les premières heures du jeu sont conçues de manière à permettre au joueur d’en découvrir progressivement toutes les subtilités. On apprend alors à maîtriser cette capacité unique, qui deviendra rapidement notre meilleur allié tout au long de l’aventure.

En début de partie, je n’étais pas particulièrement impressionné par cette mécanique de creusage, puisqu’à première vue, je peinais à en percevoir tout l’intérêt. Toutefois, après quelques heures de jeu, il devient évident que Mina the Hollower a été entièrement conçu autour de cette capacité. Le jeu nous pousse constamment à l’utiliser sous différentes formes, autant en exploration qu’en combat, ce qui rend son utilisation de plus en plus naturelle et intuitive. Au final, cette mécanique s’avère être l’une des plus grandes forces du jeu. Il est particulièrement satisfaisant de plonger sous terre pour éviter une attaque, surprendre un ennemi ou atteindre des endroits qui semblaient inaccessibles quelques instants auparavant.

Un arsenal impressionnant pour une petite souris

Un autre atout majeur de Mina the Hollower est, sans l’ombre d’un doute, sa capacité à nous permettre de personnaliser notre aventure selon nos préférences. Dès le début du jeu, nous devons choisir parmi trois armes principales. Nous avons accès à un fouet-chaîne offrant une excellente portée, à une paire de dagues permettant d’enchaîner les attaques à une vitesse impressionnante, ainsi qu’à un lourd marteau privilégiant la puissance brute. Chaque arme possède ses forces et ses faiblesses, il est donc important de prendre le temps de les essayer avant de faire son choix.

Heureusement, cette décision n’est pas définitive. Au fil de l’aventure, il devient possible de débloquer les armes non sélectionnées ainsi que deux armes supplémentaires. Le jeu encourage même le joueur à toutes les obtenir afin de pouvoir adapter son équipement aux différentes situations rencontrées. Certaines armes se montrent particulièrement efficaces contre certains ennemis ou dans des contextes bien précis, ce qui apporte une belle variété à la jouabilité.

Quelle arme vous allume le plus?
Fort heureusement, on peut trouver les autres armes de départ, plus tard dans l’aventure.

Du côté des armes secondaires, l’approche est tout aussi intéressante. Ces objets ne nous appartiennent pas de façon permanente. On les découvre au cours de l’exploration, que ce soit en détruisant des caisses, en coupant de la végétation ou en éliminant des ennemis. Lorsqu’on entre en contact avec l’un de ces objets, celui-ci s’équipe automatiquement et devient immédiatement utilisable. Leur utilisation est toutefois limitée par une réserve de joules, qui agit comme une forme de mana. Heureusement, il est possible de récupérer cette ressource en explorant l’environnement et en récoltant diverses fioles disséminées à travers le monde. Encore une fois, le jeu récompense directement les joueurs qui prennent le temps de fouiller chaque recoin de la carte.

Parmi les nombreux objets secondaires disponibles, on retrouve notamment une foreuse, un nuage de brouillard, les dagues gyroscopiques, les haches électriques ainsi que le collier d’invocation. Chacun possède ses propres avantages et peut s’avérer extrêmement utile dans certaines situations.

Les armes secondaires sont souvent très utiles.

Une aventure qui s’adapte à notre style de jeu

L’aventure nous permet également de découvrir une multitude de talismans offrant différents bonus, capacités ou effets passifs. Certains améliorent nos statistiques, tandis que d’autres modifient subtilement notre façon de jouer. Là encore, l’exploration est largement récompensée, puisque les talismans les plus intéressants sont souvent cachés dans des endroits bien dissimulés. Les collectionner et expérimenter différentes combinaisons devient rapidement une activité aussi plaisante que nécessaire pour faire de Mina un personnage à notre image.

Plusieurs joueurs aimeront ce défi rappelant les classiques d’autrefois, mais certains passages pourraient décourager les moins expérimentés. Pour cette raison, le studio a intégré un impressionnant système de modificateurs permettant d’ajuster l’expérience selon nos préférences. Il est notamment possible de rester sous terre aussi longtemps qu’on le souhaite, d’ouvrir automatiquement toutes les serrures sans utiliser de clé, d’éliminer la perte d’os (la monnaie du jeu) lors d’une défaite, et bien plus encore. Le plus impressionnant demeure toutefois l’ampleur des options offertes. Avec près de 200 modificateurs, chacun peut façonner l’aventure à son image. Certains paramètres facilitent grandement la progression, tandis que d’autres rendent le jeu encore plus exigeant, voire complètement absurde.

Ces talismans seront très utiles, et ce, à plusieurs reprises.

Une inspiration Souls-like

En plus de proposer un défi relevé, Mina the Hollower emprunte également l’une des mécaniques les plus connues des jeux Souls. Sans être un véritable Souls-like, le titre reprend le principe selon lequel la mort entraîne la perte temporaire des ressources accumulées. Tout au long de l’aventure, les ennemis vaincus et l’exploration permettent d’obtenir des os, qui servent de monnaie d’échange. Cette ressource est essentielle, puisqu’elle permet d’améliorer plusieurs statistiques de Mina, notamment sa force d’attaque, sa défense, la puissance de ses armes secondaires ou encore sa capacité à transporter davantage d’os. Évidemment, plus une amélioration est avancée, plus son coût augmente. Accumuler une importante quantité d’os devient donc un objectif constant au fil de la progression.

Ces talismans seront très utiles, et ce, à plusieurs reprises.
Lorsque l’on meurt, on revient toujours à notre tanière centrale.

Cependant, lorsqu’on meurt, tous les os transportés sont laissés derrière nous sous la forme d’un orbe. Pour récupérer cette précieuse ressource, il faut retourner à l’endroit exact où l’on a perdu la vie. Si notre défaite est survenue face à un ennemi, il faudra parfois l’affronter de nouveau pour reprendre ce qui nous appartient. Cette mécanique crée une tension constante lors de l’exploration. Plus notre réserve d’os augmente, plus chaque affrontement devient stressant, puisque la perspective de perdre plusieurs minutes d’accumulation n’est jamais très loin.

Une direction artistique extrêmement rétro

Dans sa volonté de créer un jeu aussi rétro que possible, Yacht Club Games a également porté une attention particulière à la direction artistique de Mina the Hollower. Le résultat est une expérience qui nous replonge directement dans certains de nos meilleurs souvenirs d’enfance. Le choix d’une vue de dessus accompagné de graphismes fortement pixelisés rapproche immédiatement les classiques, tels que Zelda: Link’s Awakening. Dès les premières minutes, il est difficile de ne pas remarquer les nombreuses sources d’inspiration qui ont influencé le studio.

Bien que les visuels demeurent relativement simples et volontairement limités sur le plan technique, la direction artistique parvient à se démarquer grâce à la grande variété des environnements proposés. Chaque région possède sa propre identité visuelle, ses couleurs et son ambiance distincte. Il est donc très facile de savoir lorsqu’on pénètre dans une nouvelle zone, tant chacune d’elles affiche une personnalité unique.

La structure des environnements rappelle sans équivoque les bons vieux Zelda !

Toutefois, cette approche n’est pas exempte de défauts. Certains environnements sont parfois tellement riches en détails, en textures et en éléments de décor qu’il devient difficile de distinguer ce qui fait partie du décor de ce qui peut réellement être interactif. À plusieurs reprises, je me suis demandé si un élément était une plateforme, un obstacle ou même un piège. Cette confusion peut s’avérer frustrante, particulièrement lorsque l’on considère que chaque mort entraîne une pénalité et la perte temporaire des ressources accumulées.

J’aurais aussi aimé retrouver un peu plus de variété dans les mélodies. Certaines pistes manquent parfois d’intensité et finissent par devenir répétitives après plusieurs minutes passées dans une même région. Sans être désagréable, la trame sonore ne laisse pas toujours une impression aussi marquante que le reste de la production.

Mon avis

Étant un grand amateur de l’ère de la Game Boy Color, et plus particulièrement des jeux Zelda de cette époque, j’avais de très grandes attentes envers Mina the Hollower. Il est indéniable que Yacht Club Games est presque parvenu à atteindre la perfection avec cette nouvelle production. C’est à travers sa direction artistique rétro, ses mécaniques de gameplay qui rappellent les grands classiques d’antan tout en apportant leur lot de nouveautés, ainsi que son niveau de difficulté relevé que Mina the Hollower parvient à se démarquer de la concurrence. Cette difficulté, qui pourrait rebuter certains joueurs, est d’ailleurs intelligemment modulable grâce aux nombreuses options de personnalisation offertes. Selon moi, ce système de modificateurs est l’une des meilleures idées du jeu, puisqu’il permet à chacun d’adapter l’expérience à son niveau et à ses préférences. Le titre récompense également l’exploration de façon remarquable et propose un contenu assez dense. Il faut compter environ une vingtaine d’heures pour compléter l’aventure principale et facilement une dizaine d’heures supplémentaires pour accomplir les quêtes secondaires et découvrir l’ensemble des secrets du monde. Chaque recoin de la carte regorge de passages cachés, d’objets à dénicher et de découvertes qui encouragent constamment la curiosité du joueur. Mina the Hollower est une véritable lettre d’amour aux amateurs de jeux rétro. Yacht Club Games réussit brillamment son pari en proposant une aventure qui respecte ses inspirations tout en affirmant sa propre identité. Selon moi, le studio vient de donner naissance à une franchise possédant un énorme potentiel. Plus important encore, Mina the Hollower démontre que le studio est désormais capable de briller bien au-delà de l’ombre de Shovel Knight. Cela étant dit, je lui donne l’excellente note de 9.5 sur 10!

Points positifs:

  • Un style rétro qui se démarque dans toutes les sphères du jeu
  • Une multitude d’options permettant de personnaliser l’expérience à notre image
  • Une exploration gratifiante et constamment récompensée
  • Une difficulté bien présente, mais jamais frustrante
  • Une excellente durée de vie
  • Des quêtes secondaires variées et divertissantes
  • Un hommage réussi aux classiques d’autrefois, tout en proposant ses propres idées
  • Un prix plus qu’abordable compte tenu du contenu offert

Points négatifs:

  • Un scénario qui passe rapidement au second plan
  • Certaines pistes musicales qui manquent d’impact
  • Quelques éléments de décor difficiles à distinguer de l’environnement
  • Une carte plus détaillée aurait été la bienvenue

Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Mina the Hollower. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!

Un énorme merci à Yacht Club Games de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.

Christopher Drouin
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Christopher Drouin

Dans la trentaine, originaire de la Beauce.. Il a le bonheur d'être marié et papa de 2 beaux enfants. Il est dessinateur industriel depuis maintenant près de 14 ans et parallèlement, il est aussi pompier volontaire et premier répondant. Gameur depuis son tout jeune âge. Il a découvert le gaming grâce à la Super Nintendo. Depuis cette console, il a possédé toutes les autres consoles suivant cette génération. Actuellement sur la nouvelle génération, il est le genre de joueur qui aime toucher à tout de près ou de loin. Au plaisir de discuter gaming avec vous, ou même de se retrouver en ligne lors d'une partie. Game On !

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