Critique: Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition
Voici notre critique du jeu Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition, testé sur Nintendo Switch 2.

Genre: Action, Beat ’em up
Développeur: Capcom
Date de sortie: 23 juin 2026
Disponible sur Nintendo Switch 2.
L’univers du jeu vidéo regorge de franchises qui roulent leur bosse depuis plusieurs années et qui n’ont plus besoin de présentation, même après tout ce temps. Ces séries ont réussi à traverser les années, voire les décennies, en connaissant autant des hauts que des bas. Certains de ces passages plus difficiles auraient même pu mettre un terme définitif à leur histoire. Fort heureusement, il arrive qu’un nouvel opus agisse comme un véritable phénix en faisant renaître une franchise presque éteinte après une succession d’échecs. Le jeu dont je vais vous parler aujourd’hui fait justement partie de ces titres qui ont réussi à redonner ses lettres de noblesse à une série qui s’essoufflait depuis quelque temps. Il est important de préciser que Devil May Cry 5 est sorti en mars 2019. Il s’agit donc d’un jeu qui a déjà plusieurs années derrière lui. La Devil Hunter Edition est une version bonifiée du titre, conçue pour la Nintendo Switch 2, qui comprend plusieurs améliorations ainsi que divers éléments exclusifs. Pour débuter cette critique, je vais d’abord revenir sur le jeu dans son ensemble avant de vous présenter plus en détail les nouveautés et les particularités de cette nouvelle édition. Vous découvrirez ainsi pourquoi ce titre a permis à la série Devil May Cry de retrouver son statut d’icône du genre.
Trois jeux en un?
La série Devil May Cry nous a principalement habitués à prendre le contrôle de Dante, le protagoniste emblématique de la franchise. Bien qu’il ait déjà été possible, par le passé, d’incarner d’autres personnages, comme Nero, Vergil, Lady et plusieurs autres, ce cinquième opus adopte une approche différente. Cette fois, la trame narrative ne se concentre pas uniquement sur Dante, mais bien sur trois protagonistes distincts: Nero, V et Dante. Chaque personnage possède une personnalité bien distincte, mais surtout un style de jeu qui lui est propre.


Nero, par exemple, utilise différentes prothèses de bras pour combattre ses ennemis. Ces prothèses, appelées « Devil Breakers », proposent un concept particulièrement intéressant. Il en existe une grande variété, chacune offrant des capacités uniques, comme des décharges électriques, des attaques particulièrement efficaces contre certains types d’ennemis ou dans des situations précises, ou encore la création d’ondes de choc dévastatrices. Il est même possible de sacrifier volontairement la prothèse équipée pour lancer une puissante attaque avant de passer immédiatement à la suivante, sans interrompre le combo en cours.
V, quant à lui, offre un style de jeu complètement différent presque entièrement orienté vers le combat à distance. Pour combattre, V invoque Griffon et Shadow, deux démons qui servent d’armes vivantes et qui l’accompagnent en permanence. Il peut également faire appel à Nightmare, un gigantesque démon qui vient prêter main-forte au combat. Contrairement aux deux autres invocations, Nightmare nécessite toutefois un certain niveau de jauge « Devil Trigger » avant de pouvoir être invoqué.

On retrouve finalement Dante, le personnage phare de la série. Son gameplay se rapproche énormément de celui de Devil May Cry 3. Il est capable d’alterner instantanément entre plusieurs armes, techniques et styles de combat grâce à une simple pression sur une touche, permettant d’enchaîner des combos spectaculaires presque sans interruption. Si Nero et V sont relativement faciles à prendre en main, il en va tout autrement pour Dante. Son style de jeu demande davantage de pratique et de maîtrise, mais il récompense largement les joueurs qui prennent le temps de l’apprivoiser en leur permettant d’exécuter certains des combos les plus impressionnants du jeu. C’est un véritable plaisir d’incarner les trois personnages, chacun offrant une façon complètement différente d’aborder les combats. On évite donc ainsi la redondance et l’on peut profiter de trois styles de jeu distincts.
Une personnalisation en constante évolution
Dans plusieurs jeux de type beat ’em up, il faut souvent apprendre une grande quantité de manipulations et de combinaisons de touches dès le début de l’aventure. Cette approche peut rapidement devenir déroutante pour les nouveaux joueurs, qui doivent assimiler de nombreuses mécaniques avant même de bien maîtriser les bases. Devil May Cry 5 adopte une philosophie bien différente.
Au départ, chacun des personnages dispose d’un ensemble limité de coups et d’aptitudes de base. Au fil de notre progression, il est possible de récupérer des orbes rouges, que ce soit en explorant les différents environnements ou en éliminant des démons. Ces orbes servent de monnaie d’échange et permettent d’améliorer progressivement nos personnages. C’est cette progression graduelle qui rend le système aussi agréable. Les nouveaux combos et les améliorations s’obtiennent petit à petit, ce qui nous laisse le temps de maîtriser les techniques déjà apprises avant d’en découvrir de nouvelles. Lorsqu’un combo est amélioré, il ne s’agit généralement que d’ajouter une manipulation supplémentaire à une attaque que l’on connaît déjà. La courbe d’apprentissage est donc naturelle et bien équilibrée, évitant au joueur de devoir mémoriser une multitude de combinaisons en très peu de temps.


Les orbes rouges permettent également d’acheter d’autres équipements, notamment de nouvelles prothèses pour Nero. Les « Devil Breakers » sont très nombreux et chacun possède ses propres capacités, ce qui offre une excellente variété de styles de jeu. Il est même possible de créer une présélection de prothèses en choisissant leur ordre d’utilisation avant chaque mission. Cette liberté permet d’élaborer une stratégie adaptée à notre façon de jouer et d’enchaîner les combos les plus spectaculaires.
Devil May Cry 5 ne cherche pas à offrir un système de personnalisation extrêmement complexe. Il mise plutôt sur une progression simple, accessible et bien pensée, qui accompagne parfaitement l’évolution du joueur tout au long de l’aventure. C’est une approche qui fonctionne très bien et qui contribue à rendre l’expérience aussi agréable qu’efficace.


Une histoire qui ne réinvente pas la roue, mais…
À première vue, le scénario de ce nouvel opus ne semble pas révolutionner la série. Pour résumer brièvement, l’histoire se déroule dans la ville de Red Grave City, désormais envahie par le Qliphoth, un immense arbre démoniaque qui sème le chaos et puise le sang des humains afin de nourrir son créateur, le démon Urizen. Ce dernier n’est nul autre que le démon responsable de la perte du bras de Nero, l’un des trois protagonistes. Après cette défaite, Nero est contraint de battre en retraite afin de reprendre des forces. Il s’allie alors à V, le mystérieux personnage introduit dans cet opus, ainsi qu’à Dante et à ses alliés habituels, avec un seul objectif : vaincre Urizen afin de sauver Red Grave City, mais également le monde tout entier.
Présenté de cette façon, le scénario peut sembler relativement simple, voire assez classique. Pourtant, plusieurs revirements de situation viennent progressivement enrichir le récit et apportent des réponses à certaines questions que les fans de la série se posaient depuis longtemps. Certains de ces événements auront même des répercussions importantes sur l’ensemble de l’univers de Devil May Cry. Bien entendu, je vous laisserai le plaisir de découvrir ces révélations par vous-même. Cela dit, soyons honnêtes: on ne joue pas à Devil May Cry pour son scénario particulièrement complexe. La véritable force de la série réside avant tout dans son gameplay rapide, nerveux et extrêmement satisfaisant. La liberté qu’offre le jeu pour créer des combos toujours plus impressionnants et tenter d’obtenir les meilleures évaluations à la fin de chaque mission constitue sans aucun doute l’un de ses plus grands atouts.


La progression se fait à travers une succession de missions présentées sous la forme d’une ligne du temps. Cette approche donne l’impression de suivre les événements presque en temps réel et rend le rythme de l’aventure particulièrement agréable. Comptez environ 12 à 15 heures pour terminer l’histoire principale, et jusqu’à 17 heures si vous souhaitez compléter les objectifs secondaires et explorer davantage le contenu offert.
Il est également important de souligner que cet opus reste fidèle à l’identité de la franchise en conservant l’humour qui la caractérise depuis ses débuts. Les échanges entre Nero, V et Dante sont remplis de sarcasme, de répliques cinglantes et d’un humour noir assumés, même face aux pires créatures démoniaques. Cette touche d’humour fonctionne toujours aussi bien et s’accorde parfaitement avec la personnalité de nos trois chasseurs de démons.
Une direction artistique fidèle à ses origines
Devil May Cry 5 propose une direction artistique digne de la réputation de la franchise. Que ce soit par la richesse de ses environnements, la variété de son bestiaire ou encore le design de ses personnages, le jeu offre des modèles détaillés, des textures soignées et une qualité visuelle très convaincante. Le rendu des personnages est particulièrement réussi. Chacun des trois personnages principaux se distingue par une identité visuelle marquante, tant dans son aspect physique que dans sa personnalité. Le studio a de toute évidence cherché à leur donner une véritable identité plutôt que de proposer de simples variantes d’un même personnage, ce qui contribue grandement à les rendre mémorables.
Le même soin a été apporté aux ennemis et aux différents boss. Le bestiaire est varié et met en scène des créatures aussi inquiétantes qu’impressionnantes. Avec cet opus, la série semble renouer avec une direction artistique plus sombre et plus glauque, rappelant l’ambiance qui a fait le succès des premiers jeux. L’esthétique adopte ainsi un style beaucoup plus gothique que moderne, ce qui constitue, à mes yeux, un excellent choix.


C’est toutefois du côté des environnements que certains joueurs pourraient y voir un léger défaut, principalement en raison de leur variété limitée. Puisque l’aventure se déroule presque entièrement dans Red Grave City, une ville ravagée par un immense arbre démoniaque, il est normal que les différents chapitres se ressemblent davantage qu’au sein d’autres jeux du genre. Heureusement, le studio parvient à limiter cette impression de répétition en nous faisant visiter plusieurs secteurs bien distincts: les égouts, le centre-ville, les toits des immeubles, un chantier de construction et plusieurs autres lieux qui possèdent chacun leur propre ambiance. Même si l’on évolue toujours dans le même contexte urbain, cette diversité permet de renouveler régulièrement l’exploration et d’éviter que l’aventure ne devienne trop monotone.
Sur le plan visuel, Devil May Cry 5 demeure une très belle réussite. Les modèles des personnages et des ennemis sont particulièrement détaillés et les environnements profitent eux aussi d’un excellent niveau de finition. On remarque bien quelques textures moins réussies ainsi que certains éléments de décor qui auraient mérité un peu plus de polissage, mais ces imperfections restent mineures et n’entachent jamais réellement la qualité visuelle de l’ensemble. Après tout, il faut se rappeler que le jeu a déjà sept ans.


Que propose l’édition Devil Hunter?
Tout d’abord, il est important de rappeler que cette édition est principalement destinée à la Nintendo Switch 2. À première vue, porter un jeu aussi rapide et exigeant que Devil May Cry 5 sur une console hybride peut sembler être un pari risqué. Plusieurs joueurs pouvaient craindre que les performances ne soient pas à la hauteur des versions offertes sur les consoles de Sony et de Microsoft. Je dois d’ailleurs admettre que j’étais moi aussi quelque peu sceptique avant de mettre la main sur cette version. La série Devil May Cry est reconnue pour ses affrontements extrêmement rapides, où chaque esquive, chaque attaque et chaque décision doivent être exécutées en une fraction de seconde. La moindre baisse de fluidité aurait pu nuire à l’expérience de jeu et faire perdre une partie de ce qui rend la franchise aussi satisfaisante.

Force est de constater que le pari est pleinement réussi. Que ce soit en mode stationnaire ou en mode portable, le jeu conserve toute son intensité. J’irais même jusqu’à dire que j’ai préféré l’expérience en mode portable. Le fait d’avoir toute l’action directement entre les mains procure une excellente immersion, le tout avec une fluidité remarquable et sans ralentissements perceptibles ni perte visuelle importante. Cette édition ne se limite d’ailleurs pas à un simple portage sur la console de Nintendo. Elle apporte également plusieurs ajouts intéressants, notamment: la possibilité d’incarner Vergil, le frère et rival de Dante, un contenu normalement offert en téléchargement; de nouveaux « Devil Breakers » pour Nero; des musiques de combat tirées des premiers opus de la série; plusieurs apparences alternatives pour certains personnages; une fluidité exemplaire en 60 images par seconde, aussi bien en mode stationnaire qu’en mode portable
C’est donc avec beaucoup de plaisir que je peux affirmer que Capcom a réalisé un excellent travail avec cette adaptation. Le studio est parvenu à conserver toute la nervosité, la fluidité et le dynamisme qui font la réputation du titre, sans compromis majeur sur le plan technique ou visuel. J’ai particulièrement aimé le mode portable. Grâce à la structure du jeu, divisée en missions indépendantes, il est très facile de reprendre une partie pour rejouer un chapitre précis, améliorer son rang ou simplement tenter de réaliser de meilleurs combos, même lorsqu’on ne dispose que de quelques minutes devant soi. Cette flexibilité s’accorde parfaitement avec la philosophie de la Nintendo Switch 2 et représente, selon moi, l’un des principaux atouts de cette édition.
Mon avis
Grâce à quelques ajouts intéressants, comme de nouveaux « Devil Breakers », la possibilité d’incarner Vergil, des musiques tirées des anciens opus ainsi qu’un excellent portage sur une console hybride, cette version constitue, à mes yeux, la meilleure façon de découvrir Devil May Cry 5 pour une première fois ou de le redécouvrir si votre dernier passage remonte à plusieurs années. Si vous avez déjà terminé le jeu à plusieurs reprises, je ne crois pas que cette édition soit indispensable. Mis à part la possibilité de profiter du jeu en mode portable, les nouveautés proposées ne sont pas suffisamment importantes pour justifier l’achat d’une nouvelle version d’un titre déjà disponible depuis plusieurs années, à moins d’être un fan inconditionnel. Après autant d’années, je m’attendais à un contenu un peu plus ambitieux. Quelques missions inédites, un chapitre supplémentaire ou même un court contenu narratif auraient représenté un excellent argument pour convaincre les vétérans de replonger dans l’aventure. Malheureusement, les nouveautés demeurent relativement modestes, même si la possibilité d’incarner Vergil reste un ajout appréciable. Quant à mes inquiétudes concernant les performances sur une console hybride, elles se sont envolées dès les premières minutes de jeu. Je n’ai constaté aucun ralentissement, aucune baisse notable de la fluidité et le rendu visuel demeure d’excellente qualité, que l’on joue en mode stationnaire ou en mode portable. À ce niveau, Capcom livre un portage exemplaire. Au final, si vous connaissez Devil May Cry 5 par cœur et que vous avez déjà exploré tout ce qu’il avait à offrir, cette édition ne constitue probablement pas un achat essentiel. En revanche, si vous découvrez la série ou que vous n’avez jamais vraiment pris le temps de vous plonger dans cette aventure, il s’agit sans aucun doute de la meilleure version disponible pour découvrir un excellent jeu d’action qui n’a pratiquement rien perdu de sa superbe malgré les années. Je donne donc à Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition la note de 8/10.
Points positifs:
- C’est un réel plaisir de redécouvrir Devil May Cry 5
- Un portage exemplaire qui ne sacrifie ni les performances ni la qualité visuelle
- Une fluidité irréprochable, autant en mode stationnaire qu’en mode portable
- Le mode portable est un véritable plaisir à utiliser
- Une excellente porte d’entrée pour les nouveaux joueurs
- Des ajouts intéressants qui bonifient légèrement l’expérience
Points négatifs:
- Les nouveautés demeurent insuffisantes pour justifier un nouvel achat chez les vétérans
- Quelques contenus narratifs ou missions inédites auraient été les bienvenus
- Certaines textures et quelques éléments de décor sont restés figés dans le temps
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Devil May Cry 5: Devil Hunter Edition. N’hésitez pas à nous partager votre avis sur le jeu dans la section commentaires ci-dessous!
Merci à Capcom de nous avoir fourni une copie du jeu afin de réaliser cette critique.
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