Critique: Black One Blood Brothers
Voici notre critique du jeu Black One Blood Brothers testé sur PC.

Genre: Simulation militaire, Tactique, Action, FPS
Développeur: Helios Studio
Date de sortie: 11 janvier 2022 (accès anticipé)
Disponible uniquement sur PC.
Dans l’univers des jeux de tir, certains jeux cherchent à reproduire l’intensité d’une intervention militaire en misant principalement sur les affrontements. Black One Blood Brothers, développé par Helios Studio, adopte une approche différente en plaçant la préparation, la coordination et la planification au centre de son expérience. Le jeu est sorti en accès anticipé le 11 janvier 2022 sur PC et mélange plusieurs genres: simulation militaire, tactique, action et FPS. Le principe est relativement simple à comprendre, mais beaucoup plus complexe à maîtriser. On prend la tête d’une escouade d’opérateurs spécialisés et on doit accomplir différentes missions dans des zones d’opération où chaque décision peut avoir des conséquences importantes. Il faut choisir ses hommes, leur équipement, leur rôle, leur point d’insertion et extraction, en plus de pouvoir ajouter des commandes à ton escouade. Cette critique s’intéressera donc principalement à la jouabilité et aux combats, à la préparation des missions, au déroulement des opérations, aux différents modes de jeu, ainsi qu’à la direction artistique et aux problèmes techniques qui accompagnent encore l’expérience.
Une jouabilité qui demande de ralentir
Pour les habitués de FPS, la première chose que Black One Blood Brothers nous demande de faire est de ralentir, d’observer et surtout de réfléchir avant d’agir. Si l’on arrive avec les habitudes d’un jeu de tir classique, c’est perdu d’avance. Dans les jeux de tir, le tutoriel est souvent facultatif, mais, dans ce jeu, le tutoriel est recommandé d’être suivi. Il est divisé en plusieurs sections que l’on peut sélectionner séparément et couvre une grande quantité de fonctionnalités.
On y apprend les déplacements, l’utilisation des armes et de l’équipement, les actions contextuelles, la carte tactique, les ordres rapides, les tirs synchronisés ou encore l’utilisation du téléphone tactique. Les bases sont généralement bien expliquées, même si certaines mécaniques sont assez éloignées de ce que l’on retrouve habituellement dans les FPS. Le système de commandes est particulièrement chargé, donc c’est avec la pratique qu’on finira par maîtriser toutes les commandes.


J’ai particulièrement aimé l’importance accordée au réalisme, comme, par exemple, les munitions qui ne sont pas affichées à l’écran. De plus, l’équipement que l’on transporte a un véritable impact sur la mission. Si l’on surcharge un opérateur, certaines actions deviennent plus difficiles ou limitées.
Les dégâts sont également beaucoup plus importants que dans un FPS traditionnel. Quelques tirs peuvent suffire à nous mettre hors combat et l’on ne dispose pas d’une capacité de guérison illimitée. Si l’on tombe, on a un temps limite avec un autre membre de l’escouade pour stabiliser la personne. Lorsque l’on reçoit des dégâts, la vision se trouble légèrement, ce qui permet de comprendre immédiatement que notre personnage n’est plus en pleine possession de ses moyens. On retrouve donc une approche où chaque affrontement peut rapidement devenir dangereux.


Préparer sa mission avant de partir
La préparation avant de partir pour sa mission a un impact majeur pour la suite des événements. Avant de commencer une mission, il faut réfléchir à la composition de son équipe, à l’équipement de chacun et à la manière dont on souhaite aborder la zone, puis aussi où sera notre point d’extraction.
La personnalisation de chacun des opérateurs de son escouade peut être très poussée. On peut modifier l’apparence de chacun, leurs équipements, leurs compétences, leurs spécialisations. Cela passe notamment par les armes, avec la possibilité de choisir différentes pièces, comme le canon, le garde-main, la poignée et d’autres types d’accessoires. On peut également installer un pointeur laser, une lampe ou encore un capteur de présence, afin que, lorsque l’on mire un ennemi, celui-ci soit marqué. L’équipement ne s’arrête pas aux armes. Selon le rôle choisi, un opérateur peut transporter un kit électronique, du matériel de crochetage, un équipement de déminage, un détecteur de mines ou encore des menottes. Le choix du matériel doit donc correspondre à la mission que l’on s’apprête à effectuer.


Une fois la campagne commencée, les membres de l’escouade ne peuvent plus être entièrement personnalisés comme au départ. Il reste toutefois possible de leur échanger de l’équipement. De cette manière, les choix initiaux deviennent très importants, puisque la composition de notre groupe nous accompagnera d’une mission à l’autre. La préparation tactique va encore plus loin lorsque l’on arrive sur la carte de la zone d’opération.
On doit sélectionner ses agents, organiser les différentes escouades et déterminer les points d’insertion. Il faut également déterminer le point d’exfiltration. Ce détail peut sembler secondaire au départ, mais il devient extrêmement important lorsque les objectifs sont accomplis, car il faut ramener pas seulement nous, mais tous les membres de l’équipe au point prévu. Un opérateur qui se retrouve très loin du reste du groupe peut donc être beaucoup plus exposé aux ennemis pendant l’évacuation.

Une mission où tout peut changer
Une fois sur le terrain, Black One Blood Brothers laisse une grande liberté dans la façon d’accomplir ses objectifs. Le système de Plan de Bataille permet de préparer les actions de chaque membre de l’équipe avec énormément de précision. On peut déterminer la vitesse de déplacement, la position, les interactions, les déplacements de reconnaissance, la surveillance, la méthode d’engagement ou encore le mode de tir. Il est également possible de décider si les opérateurs utilisent leur laser, leur lampe ou leur stroboscope.
Le système permet même de préparer plusieurs plans successifs afin d’obtenir une exécution particulièrement précise. On peut donc imaginer une équipe qui se déplace vers une position pendant qu’une autre couvre une entrée, puis déclenche simultanément plusieurs actions. Pour ceux qui préfèrent une approche plus directe, les « Ordres Rapides » permettent de commander l’équipe en temps réel. On n’est donc pas obligé de tout préparer assidûment. Cela donne une certaine flexibilité lorsque la situation ne se déroule pas comme prévu. Une bonne préparation peut complètement simplifier une mission, mais une erreur peut rapidement transformer une opération contrôlée en véritable chaos.

Le tir allié est également à prendre très au sérieux. Il faut faire attention à ses lignes de tir. Il est tout à fait possible de tuer accidentellement un membre de son propre groupe, sachant que l’on a des équipements de guérison limités, cela ajoute un peu à la difficulté. La mort d’un opérateur a d’ailleurs une conséquence importante, puisqu’elle peut être permanente dans la campagne.
La composition de l’équipe évolue donc réellement au fil des missions. Si un membre disparaît, on ne pourra simplement pas le récupérer comme si rien ne s’était passé. Le jeu propose une mécanique lorsque l’on est mis hors combat. Une autre escouade peut éventuellement intervenir et tenter de nous remettre sur pied si elle arrive à temps. Cela ajoute une dimension supplémentaire à la gestion des imprévus sur le terrain.



Des combats réalistes, mais une IA encore perfectible
Sur le terrain, les combats sont assez différents de ceux d’un FPS traditionnel. Les alliés se montrent relativement efficaces et peuvent correctement participer aux affrontements. La gestion des ennemis est cependant plus problématique. L’intelligence artificielle ennemie reste assez simpliste. Lorsque l’on est à couvert, l’avantage est généralement très important. J’ai notamment constaté que si je me cachais dans une maison après avoir été découvert, les ennemis ne venaient pas nécessairement me chercher à l’intérieur. Cette situation réduit parfois la pression que les adversaires devraient exercer sur nous.
C’est un contraste avec le reste du jeu, qui cherche justement à créer une expérience tactique et réaliste. Une planification très poussée face à des ennemis qui ne réagissent pas toujours correctement crée forcément un certain décalage.


On retrouve également plusieurs possibilités d’approche. Il est possible de fouiller les ennemis pour récupérer des munitions ou de l’équipement. On peut aussi effectuer des éliminations discrètes avec un couteau et prendre des otages.
Ces possibilités contribuent à rendre les missions moins linéaires. Le jeu permet même d’appeler certains soutiens lorsqu’on dispose des équipements nécessaires. Avec un JTAC, par exemple, il est possible de demander un soutien aérien rapproché ou du ravitaillement. Il faut cependant tenir compte de la présence éventuelle de systèmes comme les SAM avant de faire appel à un soutien aérien.
Une campagne où chaque mission compte
La campagne propose une opération militaire scénarisée dans laquelle on doit affronter le groupe insurgé Nouveau Monde et remonter jusqu’aux responsables du financement de ses attaques.
Celle-ci est divisée en deux parties de dix missions chacune. Ce qui rend la campagne dynamique n’est pas nécessairement la mission en elle-même, mais la continuité entre les différentes opérations. L’équipement et les membres de l’escouade nous accompagnent d’une mission à l’autre. Un opérateur qui meurt ne sera donc plus disponible pour la suite et les munitions utilisées précédemment peuvent également avoir des conséquences sur l’opération suivante.

Il faut donc constamment penser à l’avenir. Réussir une mission ne signifie pas simplement atteindre les objectifs. Il faut aussi essayer de conserver ses hommes et ses ressources pour la suite. Le briefing est bien présenté et permet de comprendre les objectifs avant de partir. On retrouve différentes situations, allant de la neutralisation de cibles à la récupération d’informations, en passant par les otages ou le désamorçage.
Et si vous êtes habitués aux FPS plus classiques, il est même possible de tenter certaines missions seul. C’est évidemment plus difficile, notamment parce que les possibilités de récupération sont limitées. Une approche discrète devient alors particulièrement importante, puisque, dès que l’on est repéré, la situation peut rapidement dégénérer.


Plusieurs modes pour prolonger l’expérience
En dehors de la campagne, Black One Blood Brothers propose plusieurs modes de jeu qui permettent de varier les objectifs. Le mode « Spec Ops » nous envoie effectuer une opération spéciale derrière les lignes ennemies, tandis que le mode « Recon » demande d’accomplir une mission de reconnaissance en installant plusieurs dispositifs d’écoute sans neutraliser aucun ennemi ni être repéré. Le mode Guerre repose quant à lui sur la capture de points de contrôle avec une faction alliée.
Dans « Prisonnier de Guerre », on doit s’échapper seul d’un lieu de détention sans équipement. « Siège » demande de tenir une position face à une force ennemie. « Loup Solitaire » reprend le principe de l’opération spéciale en nous envoyant seul derrière les lignes ennemies, tandis que « Blind Ops » ajoute une part d’incertitude, puisque les objectifs et les conditions de la mission ne sont pas connus à l’avance.

L’intérêt vient surtout du niveau de personnalisation proposé. La difficulté peut modifier les ennemis, les objectifs, l’interface, la jouabilité, l’escouade et les différentes aides disponibles. On peut également choisir son équipement et le type d’adversaires rencontrés. On peut aussi choisir à quelle faction les ennemies feront partie, chacune des factions possède ses propres caractéristiques. Les insurgés disposent d’un armement rudimentaire, mais adoptent un comportement agressif, alors que les rebelles sont davantage axés sur la mobilité.
L’armée régulière dispose d’un équipement standardisé, tandis que les séparatistes utilisent des armes lourdes. Enfin, Green Forest représente une force composée d’anciens membres des forces spéciales et dispose d’équipements beaucoup plus avancés. Avec plus de 25 cartes officielles disponibles pour le moment, le contenu permet déjà de varier les opérations. Le jeu dispose également d’un éditeur de cartes, ainsi que la possibilité d’importer des cartes de la communauté. Pour un jeu en accès anticipé, cela laisse encore place à une grande possibilité de contenu.
Une direction artistique correcte
Visuellement, Black One Blood Brothers ne cherche pas nécessairement à impressionner. Le rendu reste correct et suffisamment détaillé pour créer une ambiance militaire crédible. La direction artistique mise surtout sur l’atmosphère générale. La musique contribue à l’immersion et accompagne bien les différentes situations. Le choix de ne pas afficher constamment une interface remplie d’informations participe également à cette approche.
L’absence d’une interface traditionnelle indiquant directement notre quantité de munitions ou l’ensemble de notre équipement peut d’abord sembler contraignante. Pourtant, cette décision renforce aussi l’impression de devoir réellement gérer son équipement plutôt que de consulter constamment des indicateurs à l’écran.

La physique est également convaincante, même si elle reste un peu rigide. Elle ne m’a pas empêché de jouer correctement, mais certaines animations montrent encore que le jeu est en développement. Les passages au-dessus des obstacles sont notamment concernés. À la première personne, l’animation peut provoquer un petit glitch qui casse légèrement la fluidité du mouvement. Les collisions peuvent également poser quelques problèmes lors de certaines actions. Ces défauts ne m’ont toutefois pas empêché d’apprécier mon expérience de jeu.
Des problèmes techniques qui rappellent l’accès anticipé
Considérant que le jeu est encore en accès anticipé, il est normal de rencontrer quelques problématiques. J’ai pu constater qu’il restait encore quelques traductions manquantes, tout comme certaines collisions imparfaites et quelques problèmes d’animation.
Outre cela, rien de ce que j’ai rencontré ne m’a semblé suffisamment grave pour gâcher l’expérience, mais ces défauts sont suffisamment visibles pour rappeler que le jeu n’est pas encore totalement abouti. L’intelligence artificielle et certaines animations représentent également des éléments qui mériteraient encore d’être améliorés. La rigidité de certaines interactions donne parfois une impression moins naturelle que ce que le reste du système tactique pourrait laisser espérer.

Mon avis
Là où beaucoup de FPS nous poussent à avancer rapidement et à enchaîner les affrontements, Black One Blood Brothers nous demande de préparer notre escouade, de choisir son équipement, d’organiser les différents groupes, de sélectionner les points d’insertion et d’exfiltration, puis de gérer la mission une fois sur le terrain. La personnalisation des opérateurs est poussée et les possibilités de planification sont impressionnantes. Le système de « Plan de Bataille » permet de programmer des actions extrêmement précises, tandis que les « Ordres Rapides » offrent une solution plus directe lorsque la situation dérape. En plus de la campagne, les différentes missions personnalisées et les nombreux modes proposés permettent également de varier notre expérience et d’augmenter la durée de vie. Mais, tout n’est pas parfait. L’intelligence artificielle ennemie reste encore trop simpliste et cela réduit la tension lors de certains affrontements. Les animations manquent également parfois de fluidité, notamment lorsque l’on passe par-dessus un obstacle. Cependant, pour un projet solo, Black One Blood Brothers est un tour de force et il possède énormément de potentiel. Il faut toutefois accepter son rythme lent et sa quantité importante de commandes. Ce n’est pas un jeu conçu pour enchaîner les tirs sans réfléchir. Il demande de prendre son temps. Mais lorsque l’on entre dans sa logique, le système tactique devient intéressant.
- Beaucoup de réalisme et d’immersion
- Un système tactique très poussé
- Une personnalisation complète de l’escouade et de son équipement
- Une préparation des missions particulièrement détaillée
- Plusieurs modes de jeu avec des objectifs différents
- Une campagne où les conséquences d’une mission peuvent se faire sentir lors des suivantes
- Une intelligence artificielle ennemie encore trop simpliste
- Des animations parfois rigides
- Quelques problèmes de collision
- L’expérience gagnée ne sert pas à grand-chose pour le moment
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Black One Blood Brothers. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à Helios Studio de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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