Critique: Barbarian Saga: The Beastmaster
Voici notre critique du jeu Barbarian Saga: The Beastmaster testé sur PlayStation 5.

Genre: Metroidvania, Exploration, Action, Plates-formes
Développeur: Dormidin Studio
Date de sortie: 9 septembre 2026
Disponible sur PC, PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch.
Barbarian Saga: The Beastmaster est un Metroidvania développé par Dormidin Studio, un studio indépendant basé en Espagne. Le jeu mise sur une direction artistique en 2D dessinée à la main et propose une aventure centrée sur l’exploration d’une immense carte, les combats et l’acquisition progressive de nouvelles capacités. On incarne le dernier des Beastmaster, capable d’utiliser les âmes de différentes créatures afin de se transformer et de progresser dans l’aventure. L’aventure nous entraîne dans le monde d’Arborea, où l’on devra affronter différentes créatures, découvrir de nouveaux chemins et rencontrer de nombreux personnages. La progression repose sur les principes classiques du Metroidvania : certaines zones sont inaccessibles au départ et deviennent explorables après l’obtention de nouvelles capacités. À cela s’ajoutent des équipements, des anneaux, des potions, des compétences et même des fragments d’épées permettant de débloquer de nouvelles possibilités. Dans cet article, nous nous attarderons principalement sur la jouabilité et les combats, l’évolution du personnage, la carte et son exploration, la direction artistique ainsi que les différents problèmes techniques rencontrés.
Une jouabilité mitigée, mais agréable malgré tout
À la base, Barbarian Saga: The Beastmaster possède tous les ingrédients nécessaires pour être un Metroidvania intéressant. On peut sauter, attaquer, se pencher, esquiver, parer les attaques ennemies et, au fil de l’aventure, obtenir différentes capacités qui permettent d’accéder à de nouvelles zones. Le double saut, le dash, la possibilité de s’agripper à certains murs et la vision dans le noir viennent progressivement enrichir nos déplacements. On peut aussi obtenir la capacité de respirer en eau claire et rebondir sur les piques dorés en mode hérisson.
Dans l’ensemble, le personnage se contrôle plutôt bien. Les mouvements sont rapides et réactifs, ce qui permet de parcourir rapidement les environnements. Les animations sont également réussies dans l’ensemble. Toutefois, certaines actions manquent de fluidité et quelques choix de conception rendent les combats beaucoup moins agréables qu’ils pourraient l’être. L’un des problèmes les plus notables concerne l’attaque de base. Notre personnage attaque uniquement horizontalement, sans véritable attaque vers le haut ou vers le bas. Il est également impossible d’annuler certaines animations d’attaque avec une garde, ce qui donne parfois aux combats un certain manque de fluidité.

Le système de parade fonctionne bien, mais possède également certaines limitations. On ne peut pas effectuer de parades dans les airs ni lorsqu’on se trouve sur une échelle. Cette contrainte peut être particulièrement gênante lorsqu’un ennemi nous attaque à distance alors que nous sommes en train de grimper et que nous n’avons pas réellement la possibilité de répondre à son attaque, cela fait de nous une cible facile. Dans certaines zones, cela peut amener à certaines frustrations.
Malgré cela, le système de combat n’est pas complètement raté. Certains ennemis vous obligent à maîtriser l’esquive alors que d’autres nous encouragent davantage à utiliser le bouclier. Il faut donc adapter notre approche selon l’adversaire. La variété des ennemis contribue également à maintenir un certain intérêt pendant l’exploration, puisque chaque zone introduit généralement de nouvelles créatures avec leurs propres comportements ou attaques. Avant de changer de salle, pensez à bien explorer, car, si vous revenez dans une même salle après avoir changé de pièce, les ennemis réapparaissent.


Une évolution intéressante
Au fil de l’aventure, nous obtenons de nouveaux anneaux, des objets utilisables, des compétences et différentes capacités de déplacement. On peut aussi trouver des fragments d’épées. Lorsqu’on répare ces épées brisées, on peut utiliser leurs techniques en échange de mana.
Le système de Beastmaster permet également de se transformer en différentes créatures. Le furet et le tigre possèdent chacun leur utilité, tandis que d’autres capacités viennent progressivement compléter notre arsenal. Le double saut, le dash, l’adhérence à certains murs, la possibilité de rebondir sur les plates-formes avec des piques et la vision dans le noir servent autant à l’exploration qu’à la progression dans la carte. Le problème est que certaines de ces capacités arrivent tardivement ou sont difficiles à utiliser efficacement. Les transformations, qui constituent pourtant une partie importante du concept du jeu, ne deviennent réellement utiles que relativement tard dans l’aventure. Leur utilisation au combat est également limitée dû au fait qu’il est impossible d’utiliser le dash en étant transformé.

Le jeu propose une multitude d’attaques spéciales, mais plusieurs sont tellement longues à utiliser ou peu pratiques à utiliser en combat que j’ai rarement eu envie de les employer. Mais, comme les parades, on ne peut pas les utiliser en déplacement ni dans les airs, ce qui limite leur utilisation en plus de l’effet d’animation.
Nous pouvons également augmenter notre jauge de vie et de mana en trouvant les fragments de masques. Vous aurez besoin de trois fragments pour compléter un masque pour gagner ces bonus. Malheureusement, notre puissance d’attaque ne semble pas augmenter de la même façon, on ressent donc moins cette impression de devenir progressivement surpuissant lorsque nous retournons dans une ancienne zone. L’évolution de notre force est davantage basée sur les anneaux qui peuvent être équipés en nombre limité et qui sont relativement difficiles à obtenir.


Une exploration généreuse, mais une carte parfois difficile
Barbarian Saga: The Beastmaster propose une carte particulièrement grande, remplie de passages secrets, de coffres, de personnages et de chemins qui ne peuvent être empruntés après avoir acquis certaines capacités. Nous pouvons apercevoir un passage inaccessible et garder en tête qu’une capacité obtenue plus tard permettra peut-être de l’atteindre. Comme tout bons Metroidvania, chaque nouvelle capacité donne ainsi une raison de retourner dans les régions déjà visitées.
Autant une grande carte est un avantage, autant cela peut devenir un inconvénient lorsque l’on ne sait plus où aller pour progresser dans le jeu. Il arrive régulièrement que nous sachions qu’un endroit est inaccessible sans toutefois savoir où trouver la capacité nécessaire pour la débloquer. Le jeu ne facilite pas toujours suffisamment cette progression, particulièrement durant les premières heures.


La carte elle-même aurait également pu être plus utile. Les nombreux PNJ rencontrés ne disposent pas toujours d’indications suffisamment claires permettant de se souvenir de leur identité ou de ce qu’ils recherchent. Il n’existe pas non plus de véritable journal permettant de consulter facilement les personnages rencontrés. Les icônes pour marquer les endroits importants semblent par ailleurs limitées. Seuls les marchands sont réellement indiqués sur la carte.

L’exploration contient également quelques énigmes. La plupart restent accessibles et ne demandent pas une réflexion particulièrement complexe. Certaines nécessitent toutefois de trouver des objets clés et de lire leur description pour résoudre l’énigme. Les énigmes les plus difficiles ne sont généralement pas indispensables pour terminer l’histoire, ce qui permet de conserver une certaine liberté dans notre progression.
Les coffres piégés constituent par contre une mécanique frustrante. Certains peuvent contenir un ennemi invincible contre lequel nous ne pouvons pratiquement rien faire. Dans ces situations, notre seule véritable solution est de changer de salle. Le principe du coffre piégé peut être intéressant, mais la possibilité de se défendre aurait rendu ces rencontres beaucoup plus satisfaisantes.
Des combats ardus
Les boss représentent l’un des meilleurs aspects du système de combat. Chaque affrontement tente de proposer une mécanique différente. Certains demandent principalement de bons réflexes, alors que d’autres nécessitent de comprendre une mécanique particulière ou de vaincre le boss dans un délai précis. Certains boss demandent d’utiliser plus nos méninges que nos attaques et, pour d’autres, il est nécessaire d’avoir obtenu les bons objets.
Même avec l’utilisation de potions, certains combats vous donneront du fil à retordre. Toutefois, une fois que vous aurez compris la mécanique du boss, les affrontements deviennent généralement beaucoup plus accessibles. Cette approche permet de varier les types de défis et évite que tous les combats se résument à frapper l’ennemi jusqu’à ce qu’il tombe. Le jeu possède une bonne variété d’ennemis et chaque nouvelle zone propose des ennemis différents. Certains adversaires sont plus simples à vaincre avec une esquive alors que d’autres nécessitent davantage l’utilisation de la parade. On retrouve plusieurs créatures distinctes au cours de l’aventure, avec notamment quelques ennemis particulièrement mémorables.



Une direction artistique réussie
Le design visuel de Barbarian Saga: The Beastmaster est probablement l’un des éléments qui nous ont le plus convaincus. Le jeu mise sur une esthétique 2D dessinée à la main qui possède beaucoup de personnalité. C’est exactement le genre de direction artistique qui peut donner à un Metroidvania une identité propre.
Les environnements changent régulièrement et la carte ne donne pas l’impression de traverser constamment le même décor. Certains arrière-plans sont particulièrement détaillés et réussis, même si la qualité visuelle n’est pas toujours uniforme entre les différentes zones. Il existe toutefois quelques problèmes de lisibilité. Selon les régions, certains éléments de l’arrière-plan peuvent se confondre avec le premier plan. Dans un jeu qui demande régulièrement d’observer l’environnement pour trouver son chemin, ce manque de distinction peut compliquer inutilement l’exploration. La musique et la bande-son accompagnent également correctement l’aventure. Elles contribuent à l’atmosphère générale et évitent que l’exploration devienne monotone.



Un univers plus riche que prévu
L’histoire n’est pas nécessairement l’élément le plus important lorsque l’on parle d’un Metroidvania. Dans ce cas-ci, une histoire simple, à la poursuite de vengeance, mais qui comporte son lot de maturité. Elle se dévoile progressivement à travers les rencontres avec les différents personnages et les détails disséminés dans le monde.
Les nombreux PNJ contribuent à donner davantage de profondeur à l’univers. Leurs dialogues sont généralement intéressants et certains personnages réussissent à se démarquer. L’humour mature apporte également une certaine personnalité à l’ensemble. Notre épée mérite une mention particulière, puisqu’elle est elle-même un personnage à part entière. Cette épée maléfique qui parle apporte une touche originale aux dialogues et rend certaines rencontres plus amusantes. Certains personnages proposent également des missions proposées par des personnages, ceux-ci sont facultatifs, mais les accomplir permettra de débloquer certains éléments.

Des problèmes techniques qui nuisent à l’expérience
Même si Barbarian Saga: The Beastmaster possède de bonnes bases, des problèmes techniques et un certain manque de finition viennent régulièrement perturber l’expérience. Après plusieurs séances de jeu, j’ai notamment rencontré des situations où le jeu gelait au moment où l’on attaquait les monstres. Ces problèmes d’optimisation restent suffisamment présents pour être mentionnés, surtout dans une aventure aussi longue. Le redémarrage du jeu aidait à stabiliser ce problème.
L’impossibilité de redéfinir les touches est également dommageable, particulièrement dans un jeu qui comporte autant d’actions différentes. Une plus grande liberté dans la configuration des contrôles aurait pu améliorer l’accessibilité du système. La possibilité de placer des icônes sur la carte est intéressante, mais, considérant la grandeur de la carte et le fait que l’on ne débloque pas nécessairement les capacités aussi rapidement que désiré, il serait bien de ne pas être restreints par le nombre d’icônes que l’on place sur la carte. Mis à part ces petits problèmes, le jeu dans l’ensemble a été agréable à jouer.

Mon avis
Barbarian Saga: The Beastmaster est un Metroidvania qui propose de bonnes idées. Sa grande carte, ses nombreuses capacités, ses ennemis variés, ses boss et sa direction artistique dessinée à la main offrent une aventure qui peut facilement nous occuper pendant plusieurs heures. Par contre, le système de combat manque parfois de précision, certaines compétences sont difficiles à utiliser efficacement et la navigation peut devenir laborieuse lorsque la carte ne nous permet pas de comprendre clairement où aller par la suite. Quelques problèmes techniques viennent également réduire la fluidité de l’expérience. Malgré tout, même si le jeu n’est pas parfait. J’ai pris du plaisir à explorer les différentes régions du jeu. La direction artistique est réussie, les environnements restent suffisamment variés, les boss proposent des mécaniques intéressantes et le contenu s’est révélé beaucoup plus prenant que prévu. C’est un Metroidvania suffisamment généreux et intéressant pour mériter qu’on lui donne sa chance malgré ses quelques défauts. Pour toutes ces raisons, je lui accorde la note de 7 sur 10.
Points positifs:
- Une excellente direction artistique dessinée à la main
- Une grande carte offrant beaucoup d’exploration
- Une bonne variété d’ennemis
- Des boss avec des mécaniques variées
- Plusieurs capacités et possibilités d’évolution
- Des dialogues réussis, notamment avec l’épée parlante
Points négatifs:
- Les attaques sont limitées, notamment avec l’absence d’attaque vers le haut ou le bas, considérant que le genre a évolué depuis les dernières années
- Les techniques sont trop longues ou difficiles à utiliser
- La carte est parfois trop grande et manque d’informations de base, il faudrait augmenter le nombre d’icônes pouvant être placées sur la carte
- Les coffres contenant des ennemis invincibles sont frustrants
- Quelques problèmes de fluidité et d’optimisation peuvent provoquer des gels d’image
- L’impossibilité de redéfinir les touches
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Barbarian Saga: The Beastmaster. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à Selecta Play de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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