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Critique: Mexican Ninja

Voici notre critique du jeu Mexican Ninja testé sur PC.

Genre: Beat ‘em up, Roguelite, Ninja, Défilement horizontal
Développeur: Madbricks
Date de sortie: 20 août 2026

Disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series.

Mexican Ninja, développé par Madbricks, est sorti le 20 août dernier. Il s’inscrit dans un mélange plutôt unique de beat ‘em up, Roguelite, action en défilement horizontal et combat JcE, avec une direction artistique en 2.5D qui cherche clairement à retrouver l’énergie des jeux d’arcade tout en y ajoutant une structure de progression moderne. Dans Mexican Ninja, on incarne évidemment le ninja mexicain, un guerrier qui doit traverser les rues de Nuevo Tokyo, une ville où les cultures mexicaine et japonaise se mélangent après une succession de conflits, de rivalités et de trahisons. Dans cet univers, les narcotrafiquants et les yakuzas ont formé le clan des Narkuzas, qui contrôle désormais la ville. Notre objectif est simple: progresser à travers les différents secteurs, affronter leurs hommes de main et atteindre les cinq chefs du clan. Dans cet article, nous allons donc nous intéresser à la structure Roguelite, le système de progression qui donne envie de recommencer, mais également au chaos parfois difficile à lire.

40 minutes de jeu!

Un univers délirant

Mexican Ninja ne cherche pas à raconter une histoire crédible. Le jeu annonce rapidement sa vraie couleur avec son mélange improbable de culture mexicaine, de références japonaises et d’humour volontairement excessif. Nuevo Tokyo est une ville où les yakuzas côtoient les narcotrafiquants, où les ninjas parlent espagnol et où les références culturelles se mélangent sans vraiment chercher à respecter une logique particulière. Le jeu ne se prend jamais au sérieux complètement. L’humour s’adresse clairement à un public adulte et accompagne pratiquement tous les aspects de l’expérience. Les dialogues, les noms, les situations et même certaines animations participent à cette ambiance volontairement bordélique.

Le jeu n’ayant pas de traduction française, j’ai pour ma part joué dans la langue originale. Mexican Ninja mélange l’anglais, l’espagnol et le japonais, ce qui donne une personnalité particulière à l’univers. On retrouve beaucoup de mots espagnols, certains facilement compréhensibles, même sans maîtriser la langue, alors que d’autres peuvent être plus difficiles à saisir. J’aurais préféré avoir droit à une traduction complète, car on se perd parfois un peu avec le vocabulaire et c’est facile de manquer une référence.

Une petite dose d’humour, dans chacun des dialogues.

Un beat ‘em up simple à prendre en main

Le concept est simple. On avance, on frappe, on esquive, on enchaîne des séries de coups et on tente de survivre assez longtemps pour atteindre le prochain boss. Mais derrière cette formule arcade se cache une structure Roguelite qui ajoute progressivement des pouvoirs, des passifs, des améliorations permanentes et différentes possibilités de construction pour notre personnage. Sur le plan des combats, Mexican Ninja reprend une formule que l’on connaît bien. On dispose d’attaques légères rapides, d’attaques lourdes plus lentes, mais plus puissantes, d’une esquive et de plusieurs enchaînements d’attaque que l’on peut débloquer progressivement. On peut également sauter et utiliser jusqu’à deux compétences spéciales, appelées jutsus, choisies pendant notre tentative.

Les commandes sont rapidement assimilées et l’on peut commencer à éliminer les premiers ennemis sans avoir besoin de passer plusieurs minutes dans un tutoriel interminable. Certains éléments sont moins bien expliqués, tels que les combos et l’effet que celui-ci peut avoir sur nos attaques. Plus on enchaîne les attaques sans se faire toucher, plus notre puissance augmente. À l’inverse, subir un coup remet notre compteur à zéro. Le système encourage donc un style de jeu agressif, mais précis. On ne cherche pas seulement à éliminer les ennemis, on cherche à conserver notre rythme. Lorsqu’on commence à maîtriser les mouvements, les affrontements deviennent beaucoup plus satisfaisants. On tente de maintenir notre combo le plus longtemps possible, d’éviter les attaques adverses et d’utiliser nos compétences au bon moment. Le jeu récompense donc directement notre maîtrise.

Une distributrice! C’est une possibilité de soin. Malheureusement, je n’ai pas encore perdu de vie.
Amenez-en des ennemis, on monte notre compteur de combo!

L’esquive joue également un rôle essentiel, particulièrement lorsque plusieurs ennemis nous encerclent. Les affrontements peuvent rapidement devenir chargés et il faut constamment surveiller notre positionnement. L’aspect 2.5D apporte d’ailleurs une petite particularité au système. On peut se déplacer avec davantage de profondeur que dans un beat ’em up strictement horizontal. On peut monter ou descendre dans la zone de combat, ce qui donne un peu plus de liberté dans le combat. Cette profondeur demande toutefois une courte période d’adaptation. Certaines attaques peuvent être légèrement moins précises lorsqu’on doit gérer la distance entre notre personnage et un ennemi placé plus sur l’axe de la profondeur. Ce n’est pas un problème majeur, mais il faut apprendre à connaître la portée de nos attaques.

Le jeu propose aussi la possibilité de faire des parades, mais je ne pourrais jamais dire si j’ai réussi une parade ou si j’ai simplement frappé l’ennemi pour empêcher son attaque. Le pourquoi de ce questionnement, c’est que la parade est attribuée au même bouton que l’attaque lourde.

La structure Roguelite

Chaque tentative commence avec plusieurs choix qui influencent notre progression. On sélectionne notamment un jutsu ainsi qu’un passif parmi les trois différentes propositions générées pour notre partie. On choisit ensuite la direction que l’on souhaite prendre. Chaque salle peut proposer un type de récompense différente, ce qui nous oblige à réfléchir au build que l’on souhaite développer. On peut privilégier les pouvoirs, les passifs ou des bénédictions qui pourront améliorer notre personnage durant la tentative.

Les niveaux sont divisés en plusieurs sections. Chaque zone de combat est verrouillée jusqu’à ce que tous les ennemis soient éliminés. Une fois le combat terminé, on peut continuer notre progression et explorer davantage la zone avant de poursuivre notre chemin. Certaines zones contiennent des embranchements qui permettent de récupérer des récompenses supplémentaires, mais ces chemins impliquent généralement de nouveaux affrontements. Il faut donc décider si la récompense potentielle vaut le risque supplémentaire.

Les jutsus sont très utiles pour maximiser les dégâts.
Les améliorations de capacité, c’est tellement fort!

Les environnements contiennent également plusieurs éléments destructibles. Ceux-ci peuvent cacher des potions ou de l’argent. Les distributeurs, quant à eux, contiennent automatiquement une potion, ce qui offre une petite source de récupération pendant notre progression. Il faut cependant éviter de considérer les potions comme une solution miracle. Elles ne restaurent pas énormément de vie et les dégâts peuvent rapidement s’accumuler. On doit donc conserver une certaine discipline pendant les combats, particulièrement lorsqu’on commence à affronter les ennemis les plus résistants.

Les jutsus permettent notamment de compléter notre style de jeu. Comme on ne peut en sélectionner qu’un nombre limité durant une tentative, notre choix peut influencer notre façon d’aborder les affrontements. Le système de récompenses permet ainsi de construire progressivement un personnage qui correspond à notre manière de jouer. Certaines améliorations peuvent favoriser les dégâts, d’autres la survie ou encore les combos. Certaines récompenses peuvent également être échangées contre de la vie ou de l’argent. Ce système permet de s’adapter à notre situation. Si notre santé est faible, récupérer de la vie peut être plus intéressant ou bien conserver l’argent pour une amélioration future.

Une difficulté qui augmente progressivement

Mexican Ninja ne cherche pas à nous écraser dès le début. Les premières zones sont relativement accessibles et servent surtout à nous permettre de comprendre les mécaniques. Après chaque boss, le jeu ajoute de nouveaux types d’ennemis ou d’éléments d’environnement susceptibles de nous affecter, comme des pièges, des tonneaux explosifs, du fil barbelé, des rayons laser, des motos en mouvement, etc.

Ce n’est pas toujours facile de ne pas se faire toucher par l’environnement.

Les nouveaux ennemis introduisent également de nouvelles capacités et de nouveaux comportements. Certains sont assez faciles à anticiper, alors que d’autres peuvent nous surprendre lors de leur première apparition. Chaque boss permet ainsi au jeu d’élargir progressivement son bestiaire. Deux ou trois nouveaux types d’ennemis peuvent être ajoutés après certains affrontements importants, ce qui oblige à adapter notre façon de jouer. Les boss peuvent être de redoutables adversaires, il est important de bien les analyser afin de pouvoir éviter leurs attaques, qui peuvent vite nous mettre en difficulté si l’on ne les a pas évités.

Les niveaux peuvent également contenir des pièges. Ceux-ci peuvent affecter notre personnage comme les ennemis, ce qui ajoute une dimension intéressante aux combats. On peut parfois utiliser l’environnement à notre avantage, mais il faut également éviter de tomber soi-même dans le piège. L’environnement fait partie du combat.

Le hub et la progression permanente

Lorsque notre tentative se termine, que ce soit parce qu’on a vaincu tous les boss ou parce que notre personnage est mort, on revient au hub. La mort n’est d’ailleurs pas particulièrement dramatique dans Mexican Ninja. La première fois, le jeu nous réserve même une petite mise en scène assez comique avec une benne à ordures qui vient récupérer notre personnage. Une fois au hub, l’argent accumulé peut être utilisé pour améliorer différents éléments de notre personnage. On peut notamment augmenter notre maximum de vie, améliorer nos dégâts, renforcer les jutsu, améliorer les potions ou réduire le temps de récupération des compétences.

Ces améliorations permanentes donnent une vraie raison de recommencer. Même lorsqu’une tentative se termine prématurément, on revient avec davantage de ressources et avec une meilleure connaissance du jeu. Le hub propose également un arbre de talents divisé en trois grandes branches. La première est consacrée à la survie et permet notamment de débloquer des mécaniques liées à la parade ou à la mobilité. La deuxième concerne les arts martiaux et permet d’obtenir de nouvelles combinaisons d’attaques. La troisième se concentre sur les combos et permet de faciliter leur accumulation. On peut mourir, mais la mort est toujours moins frustrante lorsque l’on sait que l’on reviendra plus fort à la prochaine tentative.

La récupération de vie est ce qui est le plus important: les sources de soins sont rares.
Il me faudrait débloquer de nouvelles attaques!

Une personnalisation qui ne sert pas uniquement à faire joli

Mexican Ninja permet également de modifier l’apparence de notre personnage avec différentes tenues. Mais la personnalisation ne se limite pas à l’aspect esthétique. Certaines tenues donnent un bonus supplémentaire pendant la prochaine tentative. Cela donne une raison supplémentaire de chercher les différents costumes disponibles. Les nouvelles tenues peuvent notamment être débloquées grâce aux quêtes proposées par les PNJs ou en accomplissant certaines réalisations, comme tuer un certain nombre d’ennemis avec une certaine compétence. Il devient donc pertinent de parler aux personnages présents dans le jeu plutôt que de simplement les considérer comme du décor.

Les quêtes restent généralement simples et un indicateur de quête s’affiche au-dessus des PNJs, mais on n’a pas de tableau d’affichage des quêtes actives. On peut nous demander d’affronter un boss, d’effectuer une attaque spécifique un nombre déterminé de fois contre des ennemis particuliers ou encore de localiser un personnage. Certaines quêtes peuvent également concerner des événements liés à une tentative précédente. Ce système nous incite indirectement à explorer les niveaux et à les refaire plusieurs fois, deux éléments qui correspondent parfaitement à la structure Roguelite.

Un ninja, un vrai n’a pas besoin de bonus!
Oups… ça fait mal.

Le chaos à l’écran

C’est ici que Mexican Ninja montre l’une de ses principales faiblesses. Le jeu peut devenir extrêmement chargé visuellement. Lorsque plusieurs ennemis sont présents, que les effets des compétences s’accumulent et que notre personnage enchaîne les attaques, il peut devenir difficile de comprendre exactement ce qui se passe. Dans un jeu où le timing, l’esquive et la conservation du combo sont aussi importants, ce manque de lisibilité peut être particulièrement frustrant.

Il arrive donc que notre partie se termine non pas parce qu’on a mal joué, mais parce qu’il devient difficile de distinguer les différentes attaques et les mouvements des ennemis au milieu des effets. Le problème est d’autant plus visible lorsque le jeu ajoute progressivement de nouveaux ennemis et de nouvelles capacités. La difficulté augmente naturellement, mais la quantité d’informations affichées à l’écran augmente elle aussi. Mexican Ninja est donc paradoxalement victime de l’une de ses qualités. Son côté bordélique participe à son charme, mais ce même chaos peut parfois nuire à la précision nécessaire aux combats.

Ces attaques surprennent la première fois.

Une expérience courte, mais efficace

L’un des éléments qui m’ont le plus surpris concerne la durée de vie. J’ai réussi à vaincre tous les boss du jeu en moins de cinq heures, tout en ayant déjà débloqué une grande partie du contenu. Il faut évidemment tenir compte de la structure Roguelite. Une partie de la progression repose sur la répétition des tentatives, les améliorations permanentes, les quêtes et la recherche de certains éléments à débloquer. C’est un jeu difficile à terminer dès sa première partie.

Malgré cela, j’aurais apprécié un peu plus de contenu pour prolonger l’expérience. Le système de progression est suffisamment agréable pour donner envie de continuer, mais la quantité de contenu disponible peut donner l’impression d’arriver rapidement au bout de ce que le jeu a à offrir. Le résumé présenté après chaque mort permet néanmoins de suivre nos performances. On y retrouve notamment notre meilleur combo, le nombre d’ennemis vaincus, le nombre de zones parcourues et l’argent accumulé. C’est un petit élément qui pourrait encourager certains joueurs à vouloir comparer leurs performances et à tenter de faire mieux lors de la prochaine partie.

Ho! Mala!
Qui aurait cru qu’une danseuse nue me ferait cet effet!

Mon avis

Mexican Ninja est un jeu qui sait très bien ce qu’il veut être. Il ne cherche pas à révolutionner le genre, mais il lui ajoute suffisamment de mécaniques pour créer une expérience agréable et surtout très facile à reprendre. La simplicité des commandes permet de commencer rapidement, tandis que les combos, les jutsus, les passifs, les talents et les améliorations permanentes ajoutent progressivement de la profondeur. Le système de progression fonctionne particulièrement bien parce qu’il récompense autant la maîtrise du joueur que sa capacité à construire un personnage efficace. J’ai particulièrement aimé cette sensation de puissance qui se développe lorsque l’on réussit à maintenir un long combo. Son humour et son mélange culturel lui donnent également une identité très particulière au jeu. Le résultat est volontairement absurde, parfois vulgaire, souvent bordélique, mais rarement ennuyeux. Le principal problème reste justement ce côté bordélique. Lorsque trop d’éléments apparaissent simultanément à l’écran, la lisibilité diminue et les combats peuvent devenir frustrants. Le manque de précision de certaines attaques et la parade liée à l’attaque lourde viennent également empêcher l’expérience d’atteindre son plein potentiel. Malgré ces défauts, Mexican Ninja reste pour moi une excellente surprise. Sa jouabilité intuitive, son humour, sa progression et son mélange complètement improbable entre culture mexicaine et univers ninja en font une expérience qui mérite qu’on s’y attarde. J’espère voir du nouveau contenu pour le futur et quelques ajustements du côté des contrôles et de la lisibilité, le jeu a le potentiel d’aller plus loin. Il reste toutefois un beat ‘em up particulièrement amusant, surtout lorsqu’on accepte de plonger dans son chaos sans chercher à tout contrôler. J’attribue à Mexican Ninja la note de 8 sur 10.

Les points positifs:

  • Un beat ’em up accessible, intuitif et agréable à prendre en main.
  • La structure Roguelite
  • Les combats récompensent les joueurs capables de maintenir leurs combos sans se faire toucher
  • La progression permanente dans le hub donne une bonne raison de recommencer après une défaite
  • Le mélange entre culture mexicaine, japonaise et univers ninja donne une identité très particulière au jeu
  • L’humour volontairement adulte fonctionne bien avec l’ambiance générale
  • Les environnements destructibles, les récompenses cachées et les pièges encouragent à rester attentif

Les points négatifs:

  • Le chaos à l’écran peut parfois provoquer des dégâts difficiles à anticiper
  • Le jeu ne propose pas de traduction française
  • La parade partage sa touche avec l’attaque lourde, ce qui peut créer de la confusion pendant les combats
  • Certaines attaques manquent légèrement de précision à cause de la profondeur en 2.5 D
  • Une durée de vie relativement courte

Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Mexican Ninja. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!

Un énorme merci à Amber Studio de nous avoir permis de tester le jeu pour en fair

Olivier Lapointe
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Olivier Lapointe

Développeur d’applications web de carrière, il a toujours été attiré par la logique, la structure et la résolution de problèmes. Depuis sa jeunesse, Olivier est passionné par les jeux en tout genre, mais il aime surtout les jeux à difficulté. Il y retrouve le goût du défi et de la progression. Invalide depuis peu, le jeu est devenu pour lui un espace d’évasion et de dépassement personnel. Il possède les dernières générations de consoles PlayStation et Nintendo ainsi qu’un PC performant.

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