Critiques jeux

Critique: Creepshow

Voici notre critique du jeu Creepshow, testé sur PC.

Genre: Jeu narratif,Aventure, Horreur, Dark Comedy
Développeur: PHL Collective
Date de sortie: 13 août 2026

Disponible uniquement sur PC.

Creepshow est un nom que tous ceux qui ont grandi dans les années 90 connaissent et vous serez peut-être surpris d’apprendre que la licence n’a engendré aucune adaptation en jeu vidéo dans les 45 dernières années, du moins jusqu’à maintenant. Avec Creepshow (un titre très original), PHL Collective et DreadXP font revivre cette licence culte de la dark comedy. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois préciser que j’aborde cette critique avec un attachement bien réel à l’univers de Creepshow. J’ai toujours eu beaucoup d’amour pour la série, les films et l’ambiance particulière qui s’en dégage. J’espère donc y retrouver une expérience à la hauteur de cet univers que j’affectionne particulièrement. D’ailleurs, pour les amateurs de la série, je vous laisse avec cette phrase culte qui résume bien l’esprit recherché ici: dans ce jeu, j’espère que nous allons vivre le plaisir le plus intense que l’on peut connaître, c’est-à-dire d’avoir peur.

15 minutes de jeu!

Une narration fidèle à l’esprit de Creepshow

Sur le plan de l’histoire, le jeu adopte une structure qui colle très bien à l’esprit de Creepshow. Plutôt que de miser sur un récit linéaire traditionnel, il nous propose une succession d’histoires distinctes, chacune avec son ambiance, ses personnages et sa prémisse macabre. L’aventure débute dans un centre commercial incendié, où notre personnage cherche à retrouver son père après avoir été séparé de son groupe. C’est dans ce contexte qu’il rencontre une figure mystérieuse, prête à l’aider à sortir des lieux, mais à une condition bien particulière : elle doit être nourrie d’histoires de peur.

Il est quand même sympa…

Cette idée devient rapidement le moteur narratif du jeu. Pour satisfaire cet étrange sauveur, notre protagoniste plonge dans les archives du sous-sol afin de trouver des récits suffisamment troublants à raconter. C’est ainsi que le jeu nous amène vers différentes bandes dessinées de Creepshow, chacune servant de porte d’entrée vers une nouvelle séquence jouable. Le procédé fonctionne très bien, puisqu’il permet de renouveler le contexte tout en conservant une cohérence d’ensemble. Nous passons ainsi d’une histoire à l’autre sans perdre le fil, avec toujours cette impression d’être au cœur d’une anthologie horrifique.

La première histoire nous place dans la peau d’un homme qui s’occupe de sa femme mourante, dans un cadre déjà très lourd et volontairement inconfortable. Sans trop en dévoiler, le jeu installe rapidement une tension efficace et un malaise qui s’inscrit parfaitement dans l’ADN de la série. On retrouve cette manière de jouer avec des situations étranges, parfois dérangeantes, sans tomber dans l’explication excessive. Personnellement, j’ai accroché dès cette première séquence, surtout parce que l’ambiance, les détails visuels et les nombreux clins d’œil à la culture populaire traduisent un réel respect pour l’univers de Creepshow.

À l’aventure, camarade!
Quand ce n’est pas ta journée…

Nous n’irons pas plus loin afin d’éviter les spoilers, mais les premières histoires donnent déjà un très bon aperçu de la direction narrative du jeu. L’écriture tient compte de son héritage: des récits courts, sombres, parfois bizarres, qui n’ont pas peur d’aborder des sujets plus délicats. Le jeu réussit aussi à faire plusieurs clins d’œil aux amateurs de la série, tout en demeurant accessible pour ceux qui découvrent Creepshow pour la première fois. À ce niveau, c’est une réussite.

Une histoire interactive

Sur le plan de la jouabilité, Creepshow propose des mécaniques volontairement simples, mais suffisamment variées pour bien accompagner la structure du jeu. Comme chaque segment nous plonge dans une histoire différente, le jeu adapte légèrement ses mécaniques selon le contexte, sans jamais chercher à devenir trop complexe. L’objectif n’est pas de proposer un défi exigeant ou une expérience particulièrement technique, mais plutôt de soutenir la narration et de nous garder engagés dans chacune des situations présentées.

Il faut donc voir Creepshow davantage comme une histoire interactive que comme un jeu centré sur la performance ou la difficulté. Nous ne sommes clairement pas dans une expérience à la Dark Souls, ni dans un titre conçu pour mettre les réflexes du joueur à rude épreuve. Le jeu mise plutôt sur l’exploration, quelques énigmes légères et une progression assez linéaire. Cette accessibilité fonctionne bien avec l’esprit général de l’œuvre, puisqu’elle permet de se concentrer sur l’ambiance, les histoires et les surprises que chaque chapitre peut réserver.

Yuk!
C’est comme ça que ça finit!

La progression demeure encadrée, et le jeu ne nous laisse jamais vraiment nous perdre. Les éléments importants sont généralement bien indiqués, ce qui rend l’avancement fluide et évite les moments de frustration inutiles. Cela dit, il reste tout de même pertinent de prendre le temps d’explorer les environnements. C’est souvent en sortant un peu du chemin principal que l’on découvre de petits clins d’œil, des détails visuels ou des références qui feront particulièrement plaisir aux amateurs de culture populaire et de l’univers de Creepshow.

Les énigmes et les interactions ne cherchent pas non plus à réinventer le genre, mais elles remplissent bien leur rôle. Elles donnent l’impression de participer activement à l’histoire sans ralentir inutilement le rythme. Quelques moments demandent un peu plus d’attention, mais jamais au point de briser l’accessibilité générale du jeu. Personnellement, j’ai trouvé que cette simplicité servait bien l’expérience, surtout parce qu’elle respecte le format anthologique et laisse toute la place à l’ambiance.

Une direction artistique cartoonesque

Visuellement, le jeu mise sur une direction artistique très cartoonesque, mais surtout pleinement assumée. Dès les premières minutes, on comprend que ce choix esthétique n’est pas là par hasard: il s’inscrit directement dans l’esprit de Creepshow, avec un univers coloré, expressif et légèrement décalé, capable de rester accessible tout en conservant une ambiance horrifique bien présente.

Là où la direction artistique se démarque vraiment, c’est dans le souci du détail. Les décors regorgent de petits easter eggs, d’éléments interactifs et de détails qui renforcent l’immersion. Lorsque nous découvrons les bandes dessinées, par exemple, on retrouve immédiatement cette impression d’être dans une extension naturelle de l’univers de la série. Tout semble conçu pour rappeler l’identité de Creepshow, autant dans les couleurs que dans les atmosphères et les petites bizarreries visuelles.

On ressent le désespoir.

J’ai particulièrement apprécié l’ajout de détails qui auraient facilement pu être laissés de côté. On pense notamment à certaines réactions de l’environnement lors des déplacements du personnage, ou encore à ces moments où l’image se transforme pour refléter ce que le personnage perçoit. Ce sont de petites touches, parfois discrètes, mais elles contribuent énormément à l’ambiance. Même avec son style dessin animé, le jeu réussit à créer un certain malaise à des moments bien choisis, et c’est précisément là qu’il rejoint le mieux l’esprit recherché.

Creepshow possède une identité visuelle solide et cohérente. Ce n’est pas un style universel, et certains joueurs pourraient y être moins réceptifs, mais il est difficile de nier la qualité de l’exécution. Pour ceux qui aiment ce type de direction artistique, l’expérience risque d’être très satisfaisante. Et même pour les autres, le rendu demeure suffisamment soigné et agréable pour ne pas nuire à l’excellente ambiance narrative du jeu.

Une nouvelle BD.
Si tu le dis, l’ami!

Une bande sonore discrète, mais parfaitement maîtrisée

Du côté sonore, le jeu ne cherche pas à impressionner par une grande composition orchestrale ou une trame musicale particulièrement ambitieuse. En revanche, il propose un univers sonore très bien maîtrisé, qui comprend parfaitement son rôle dans l’expérience. La musique n’est pas là pour prendre toute la place, mais plutôt pour accompagner l’action, renforcer l’ambiance et soutenir les moments importants sans jamais nuire à ce qui se déroule à l’écran.

Ce qui fonctionne surtout, c’est la manière dont la bande sonore gère ses silences, ses montées en intensité et ses effets plus ponctuels. Les crescendos sont bien dosés, les silences arrivent au bon moment et l’ensemble contribue à installer une tension efficace lorsque le jeu en a besoin. On sent que le travail sonore a été pensé pour appuyer l’atmosphère de Creepshow, avec un côté légèrement théâtral, parfois excentrique, qui rappelle constamment que nous sommes dans un univers fictif, stylisé et volontairement décalé. Les effets sonores participent aussi beaucoup à cette impression. Ils ne sont pas excessifs, mais ils savent mettre l’accent sur les bons éléments: une situation plus tendue, un moment plus dérangeant, ou encore une interaction qui demande notre attention. Personnellement, j’ai trouvé cette approche très efficace.

En espérant qu’aucun inspecteur ne passe.
On a quelques trucs à chercher dans le jeu!

Mon avis

Creepshow ne cherche ni à révolutionner le jeu vidéo ni à transformer radicalement l’univers dont il s’inspire, le titre comprend parfaitement ce qu’il veut offrir: une expérience narrative simple, accessible, cohérente et entièrement au service de son ambiance horrifique. La narration respecte l’esprit anthologique de Creepshow, la direction artistique assume son identité cartoonesque, la bande sonore soutient efficacement l’atmosphère et les mécaniques de jeu restent suffisamment accessibles pour ne jamais nuire au rythme. Tout n’est pas nécessairement ambitieux au sens traditionnel du terme, mais tout est bien pensé et présenté avec un réel souci de cohérence. Personnellement, je dois admettre que l’expérience m’a pleinement convaincu. En tant qu’amateur de la série et de son ambiance particulière, je n’ai pas été déçu. Le jeu m’a donné exactement ce que j’espérais retrouver: une atmosphère soignée, des histoires macabres, un ton décalé et ce plaisir très particulier de se laisser entraîner dans un univers où l’étrange occupe toute la place. Objectivement, Creepshow n’est peut-être pas un jeu qui défonce des portes ou qui vient redéfinir son genre, mais il maîtrise admirablement ce qu’il propose, et c’est précisément ce qui le rend aussi efficace. Pour ces raisons, je lui donne la note de 8 sur 10.

Points positifs:

  • Cohérent du début à la fin
  • Une jouabilité réussie et accessible
  • Une formidable maîtrise de l’immersion
  • Des histoires excellentes
  • Beaucoup de beaux clins d’œil
  • Un bon rapport qualité prix

Points négatifs:

  • Un peu niché
  • Ne réinvente pas le genre

Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Creepshow. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!

Un énorme merci à DreadXP de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.

Alexandre Aubry
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Alexandre Aubry

Curieux et geek de nature, Alex est un « 90's kid » dans l'âme et son style de gaming en est teinté. Marié et père de deux enfants, son horaire chargé le force à choisir ses passes-temps avec soin et ses jeux vidéos n'échappent pas à cette règle. À travers ses critiques, viens découvrir des trésors insoupçonnés ou redécouvrir tes jeux favoris sous sa loupe unique!

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