Critique: Cosmic Fear
Voici notre critique du jeu Cosmic Fear, testé sur PC.

Genre: Horreur, Exploration, Lovecraftien, Aventure narrative
Développeur: Alessandro Guzzo
Date de sortie: 9 septembre 2026
Disponible uniquement sur PC.
Développé par Alessandro Guzzo, un amoureux de science-fiction et développeur solo, Comic Fear nous plonge dans un univers d’horreur cosmique, le troisième volet d’une série qui s’intéresse moins aux fusillades contre des monstres qu’à cette sensation beaucoup plus lovecraftienne de découvrir progressivement quelque chose que l’être humain n’était probablement pas destiné à comprendre. Après The Land of Pain et The Alien Cube, on repart en force! Puisqu’il est développé par une seule personne, le jeu ne cherche pas vraiment à rivaliser avec les grosses productions horrifiques sur leur terrain. Il mise plutôt sur une courte expérience fortement atmosphérique, quelque part entre le walking simulator, l’enquête et l’horreur extraterrestre. Et lorsqu’il se concentre sur cette formule, Cosmic Fear fonctionne remarquablement bien!
Contexte et histoire?
On incarne un chercheur dont les travaux l’ont amené à soupçonner que plusieurs phénomènes inexpliqués de l’histoire humaine pourraient partager une même origine. Une nouvelle piste nous entraîne dans une région rurale isolée où des recherches étranges, des cultes et différents événements inexplicables semblent converger vers quelque chose de beaucoup plus ancien et beaucoup plus vaste que les humains qui tentent de l’étudier.
La prémisse n’est pas particulièrement originale pour quiconque connaît Lovecraft, mais Cosmic Fear comprend très bien ce qui rend ce type d’horreur efficace: les réponses retardées et le malaise croissant.


La majorité de l’expérience consiste donc à explorer. On traverse des forêts noyées dans la brume, des bâtiments abandonnés, des installations étranges et différents lieux qui racontent progressivement ce qui s’est produit. Des lettres, photographies, objets et documents viennent compléter l’histoire, tandis que certains détails beaucoup moins subtils indiquent rapidement que quelque chose ne tourne vraiment pas rond.

Une formule qui marche
C’est essentiellement un walking simulator horrifique avec quelques casse-têtes et séquences de danger, et il vaut mieux le savoir avant de commencer. Ceux qui cherchent un survival horror rempli de combats risquent de trouver l’expérience très passive. L’essentiel du gameplay repose sur l’observation, la recherche de passages ou d’objets nécessaires à la progression et la reconstruction des événements. Cette simplicité constitue autant une qualité qu’une faiblesse.
Elle laisse énormément d’espace à l’atmosphère, qui représente de loin la plus grande réussite du jeu. Les environnements sont extrêmement détaillés et profitent beaucoup de la photogrammétrie et de l’Unreal Engine 5 (Je suis d’ailleurs dû pour une mise à niveau de carte graphique, ne jugez pas trop sévèrement le rendu ici, il peut définitivement être largement supérieur.) La végétation, les bâtiments délabrés, la lumière qui traverse les arbres ou la brume volumétrique créent régulièrement des images particulièrement convaincantes. Pour une production indépendante réalisée à cette échelle, Cosmic Fear peut être franchement impressionnant visuellement.

Mais c’est surtout la combinaison de ces décors avec le travail sonore qui donne au jeu son identité. Une branche qui craque, un bruit au loin ou un changement presque imperceptible dans l’ambiance suffit souvent à créer davantage de tension qu’un jumpscare directement envoyé au visage du joueur. Cosmic Fear comprend qu’en horreur cosmique, montrer quelque chose n’est pas nécessairement aussi efficace que convaincre le joueur que quelque chose se trouve quelque part autour de lui.
Une expérience courte et certainement pas pour tout le monde
Il emprunte d’ailleurs davantage à l’imaginaire des OVNIs, des enlèvements extraterrestres et des expériences clandestines qu’au Lovecraft traditionnel rempli de tentacules et de divinités innommables. Le mélange fonctionne bien et permet au jeu de conserver une personnalité légèrement différente malgré une quantité considérable d’œuvres indépendantes utilisant aujourd’hui l’étiquette « Lovecraftien ».
La progression demeure cependant assez rudimentaire. Il arrive que le jeu donne peu d’indications sur ce qu’il attend précisément du joueur. Dans des environnements qui semblent parfois plus ouverts qu’ils ne le sont réellement, on peut alors chercher un déclencheur, une porte ou un élément interactif pendant un moment avant de comprendre où poursuivre. L’exploration volontaire est intéressante; tourner en rond parce qu’on ignore quel événement le jeu attend de nous l’est beaucoup moins.


Le problème est particulièrement visible parce que les interactions possibles sont relativement limitées. On comprend rapidement que la majorité des objets présents dans les environnements servent essentiellement au décor. Cela donne beaucoup de crédibilité visuelle aux lieux, mais accentue aussi l’impression de traverser une exposition horrifique plutôt que d’interagir véritablement avec elle.
La narration souffre occasionnellement du même contraste. Le mystère général est beaucoup plus intéressant que certains détails de son écriture. Les documents et découvertes environnementales réussissent généralement très bien à construire l’univers, mais les dialogues et quelques performances vocales sont plus inégaux. Rien de catastrophique, particulièrement considérant l’échelle du projet, mais ce sont précisément les endroits où l’on ressent le plus clairement qu’on joue à une production indépendante réalisée avec des moyens limités.



Techniquement, Cosmic Fear a également traîné une réputation assez lourde pendant son développement. Les premières versions demandaient énormément de ressources pour ce qu’elles affichaient, et ça me semble encore le cas dans une moindre mesure. Une importante passe d’optimisation a depuis été effectuée, avec l’ajout du support complet des manettes, d’un mode Steam Deck, de réglages supplémentaires et de différentes améliorations de performances. Il manque encore de peaufinage à mon avis, ma carte graphique est sur sa fin de vie active, mais n’est pas si mal non plus et, malgré tout, le visuel est très dégradé par rapport à ses capacités ordinaires.
Mon avis
Au bout du compte, Cosmic Fear ne cherche pas à révolutionner le jeu d’horreur. Il prend une formule extrêmement simple et tente plutôt de l’exécuter avec suffisamment de maîtrise atmosphérique pour que deux ou trois heures passées à marcher dans ses bois soient constamment inconfortables. Et c’est probablement sa plus grande force, il le réussit particulièrement bien. Sa courte durée empêche sa formule relativement limitée de trop s’essouffler, tandis que son excellente ambiance, ses environnements détaillés et son mélange d’horreur cosmique et extraterrestre lui permettent de se démarquer suffisamment dans un genre pourtant saturé. Ce n’est pas nécessairement un jeu qui fera hurler devant son écran. Cosmic Fear cherche davantage à installer une idée désagréable dans un coin de notre tête et à la laisser grandir pendant qu’on avance. Pour une histoire qui tente justement de nous convaincre que l’humanité observe depuis toujours quelque chose qui l’observe en retour, c’est probablement exactement le bon type de peur. Je lui donne la note de 6.5 sur 10.
Points positifs:
- Une excellente ambiance sonore
- Une personnalité bien définie
- Court et compact, mais impressionnant pour un projet solo
Points négatifs:
- Manque d’optimisation graphique
- Manque parfois d’indices ou indications
- Plusieurs baisses de performances constatées
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Cosmic Fear. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à Alessandro Guzzo de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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