Critiques jeux de société

Critique: Opera Magna

Voici notre critique du jeu Opera Magna par Ludus Magnus Studio.

Genre: Stratégie, Gestion de ressource, Marché dynamique, Worker Placement
Studio: Ludus Magnus Studio

Designer: Tommaso Battista et Stefano Castelli
Âge recommandé: 12 ans et plus

Nombre de joueurs: 2 à 4 joueurs
Durée: 45 minutes par joueur

Opera Magna est un jeu de stratégie et de gestion de ressources avec un marché dynamique par Tommaso Battista et Stefano Castelli, les auteurs de Barrage et de Potion Explosion ! Ludus Magnus Studio nous a habitués à des productions avec des figurines époustouflantes, de la baston et des règles complexes, mais, ici, c’est une tout autre histoire. Plutôt que de présenter un jeu que plusieurs pourraient qualifier de « Ameritrash », le studio nous sert un « Eurogame » pur et dur. Certes, la thématique est présente, mais c’est le genre de jeu dans lequel la stratégie prime et où vous déplacerez des ressources sur un plateau dans le but de marquer des points de victoire. Et vous savez quoi? C’est un vrai vent de fraîcheur! Sans plus tarder, laissez-moi vous dire pourquoi Opera Magna m’a séduit!

Une production signée Ludus Magnus Studio

Bien qu’il s’agisse d’un style de jeu totalement différent, Ludus Magnus Studio reste fidèle à ses habitudes en termes de qualité de production. Les insertions de plastiques multiples pour insérer les figurines ont été remplacées par des insertions de carton plus sobres, mais les plateaux et les différentes composantes de jeu restent de très grande qualité.

Premièrement, vous retrouverez des plateaux à double couche qui permettent d’insérer les différentes cartes et les différents marqueurs. Ce genre de plateau est devenu un vrai gage de qualité dans l’industrie et le studio emboîte encore le pas. De plus, tous les jetons sont en bois, et certains proposent des imprimés très agréables. Par exemple, plutôt que de seulement utiliser des formes génériques pour les travailleurs, chaque modèle proposé est unique et affiche une impression couleur de qualité afin de mettre de la vie sur le plateau. Est-ce nécessaire? Certainement pas. Est-ce joli? Totalement! C’est ce genre de détail qui prouve que, encore une fois, Ludus Magnus ne fait pas que respecter les standards, il les dépasse.

Une production d’une excellente qualité.
Les personnages sont superbes et uniques.
Les plateaux à double couche permettent de facilement glisser les cartes.

Une mise en place moins laborieuse qu’à l’habitude

Si vous avez joué à des jeux comme The Breach, Black Rose Wars ou même Runar, vous savez que la mise en place de ces jeux peut être laborieuse, voire même décourageante. Ici, la mise en place, bien que tout de même un brin complexe, est vraiment simplifiée en comparaison avec les titres que je viens tout juste de mentionner.

Lors des premières mises en place, vous devrez bien sûr avoir recours au livret de règle, mais, dès que vous aurez joué quelques parties, vous serez en mesure de facilement préparer l’aire de jeu. Les plateaux indiquent bien les points de départ pour les différents marqueurs, et les cartes sont toutes bien identifiées afin de faciliter la mise en place. En cinq petites minutes, vous serez prêts à jouer!

Une mise en place facilitée par des marqueurs sur les plateaux et des cartes bien identifiées.

Les mécaniques de jeu

Opera Magna est principalement un jeu de gestion de ressources et de manipulation de marché. Lors de chaque tour, votre action principale sera de déplacer l’un de vos travailleurs sur une cité, de payer le coût en ressource afin de l’activer et d’en retirer les bénéfices.

En le déposant votre travailleur sur cette cité, vous devrez dépenser trois pierres et un bois (voir les cartes du haut) pour obtenir trois pierres, un bois et un métal en fusion (voir les cartes du bas)

Une fois cette action accomplie, vous pourrez choisir l’une des trois cartes de votre main et la glisser sous le plateau, changeant ainsi le coût ou la récompense. De cette manière, vous pourrez influencer les marchés afin de modifier les coûts et, surtout, les récompenses selon vos besoins. Vous devrez accumuler différentes ressources afin de construire des bâtiments qui vous permettront d’obtenir des bonus et de marquer des points. Vous disposerez de trois travailleurs, vous devrez déplacer l’un d’eux pour activer un lieu et vous ne pourrez jamais activer un lieu sur lequel l’un de vos travailleurs est déjà présent. En plaçant un travailleur sur une cité, vous pourrez l’activer. En le déposant sur la partie du haut d’une cité, vous pourrez influencer le coût en ressource et activer le pouvoir unique de cette cité. En le déposant sur la partie inférieure, vous pourrez influencer la récompense, mais vous ne pourrez pas activer son pouvoir.

Disons que vous désirez jouer cette carte.
En déposant votre travailleur sur la partie supérieure de cette cité, vous devrez faire glisser les cartes vers la gauche et insérer votre carte dans la partie supérieure droite du plateau. Le prochain joueur qui vient visiter cette cité devra payer le nouveau coût en ressources pour obtenir les récompenses. De plus, vous pourrez activer le pouvoir de la cité, soit, dans ce cas-ci, gagner deux ressources de votre choix.
En déposant votre travailleur sur la partie inférieure de cette cité, vous devrez faire glisser les cartes vers la gauche et insérer votre carte dans la partie inférieure droite du plateau. Le prochain joueur qui vient visiter cette cité aura accès à des récompenses plus alléchantes.

Vous devrez donc obtenir des ressources dans le but de payer le coût d’activation de chaque cité, mais surtout dans le but de construire des bâtiments. Pour construire des bâtiments, vous devrez utiliser des ressources raffinées et, pour obtenir ces ressources, vous devrez les obtenir en récompense lors de vos visites dans les différentes citées ou avoir recours à vos convertisseurs. Lorsque vos bâtiments sont construits, vous pourrez les placer sous votre plateau et activer différents bonus. En les insérant à gauche du plateau, vous déverrouillerez la possibilité d’utiliser des convertisseurs qui vous permettront de raffiner des ressources ainsi que des réductions sur les coûts d’activation des différentes cités. Et, en les insérant à droite de votre plateau de jeu, vous obtiendrez un bonus unique à chaque bâtiment et vous déverrouillerez la possibilité d’utiliser une charrette supplémentaire pour acheminer des matériaux raffinés vers la cathédrale. Chaque bâtiment complété rapporte aussi des points de victoire en fin de partie selon sa taille.

Pour construire le bâtiment à gauche, je dois obtenir un vitrail supplémentaire et, pour construire le bâtiment de droite, je dois obtenir une cloche.
Lorsque vos bâtiments sont construits, vous pourrez les placer sous votre plateau. Ici, le joueur a déverrouillé deux convertisseurs et une charrette en plus de réduire les futurs coûts d’activation de deux sables et un métal en fusion. Il a aussi gagné un bonus unique qui lui permet de recevoir un vitrail de plus chaque fois qu’il en reçoit au moins un en récompense lors d’une activation.
Lorsqu’un bâtiment est construit et ajouté sous votre plateau, vous pourrez choisir un nouveau bâtiment parmi ceux disponibles sous la cathédrale.

Les ressources raffinées peuvent aussi être acheminées vers la cathédrale pour obtenir différents bonus. Le premier joueur qui envoie une ressource sur un jeton gagne le pouvoir qui y est indiqué (chaque pouvoir est décrit en détail dans l’index). Cependant, pour acheminer une ressource raffinée vers la cathédrale, un joueur doit posséder une charrette et avoir atteint un certain rang de connaissance selon la ressource présente sur le jeton visé. En plus des pouvoirs qui peuvent être obtenus, chacune de vos ressources présentes sur la cathédrale vous rapporte des points de victoire en fin de partie.

Acheminer des ressources vers la cathédrale est un aspect important du jeu.


Le jeu offre des choix intéressants et plusieurs options stratégiques. Toutefois, un choix en particulier a très peu d’impact dans les parties: le choix des cartes de marché lors de la pige en fin de tour. En effet, après avoir ajouté une carte à une citée après l’activation, vous devrez choisir une nouvelle carte. La carte de gauche est gratuite alors que les autres ont un coût croissant de ressources. Honnêtement, la grande majorité du temps, vous choisirez tout simplement la carte gratuite. Rares sont les tours lors desquels vous verrez un réel avantage à dépenser des ressources pour obtenir une carte particulière. Lors des derniers tours de jeu, ce choix à plus d’impact, mais lors des premiers tours, vous vous contenterez de prendre la première carte.

Ce choix est de loin celui qui a le moins d’impact sur la partie.

Une gestion serrée des ressources

Ce qui rend Opera Magna aussi intéressant est sa gestion serrée des ressources, mais aussi la manière dont le jeu s’y prend pour vous donner un peu de flexibilité. Lorsque vous obtiendrez une ou plusieurs ressources, vous déplacerez le marqueur correspondant vers la droite. Si ce marqueur atteint le marqueur blanc, ce dernier sera poussé d’une case vers la droite. Ce faisant, vous atteindrez certaines zones spécifiques qui vous permettront d’acheminer des ressources raffinées vers la cathédrale. Savoir bien gérer vos gains de ressources vous permet donc de déplacer ces marqueurs le plus loin possible et donc avoir accès à des bonus plus intéressants sur la cathédrale en plus de vous rapporter des points de victoire.

Si vous ne faites pas une bonne gestion de vos ressources, vous ne serez jamais en mesure de faire progresser votre marqueur blanc, ce qui vous empêchera d’avoir accès aux bonus de la cathédrale. De plus, vous risquez de ne pas être en mesure de payer les coûts d’activation grandissant des villes. Cependant, si vous êtes à court de ressources, vous pouvez faire reculer l’un de vos marqueurs blancs d’une case pour chaque ressource que vous n’êtes pas en mesure de payer.

Si vous êtes à court de ressources, vous pouvez faire reculer l’un de vos marqueurs blancs d’une case pour chaque ressource que vous n’êtes pas en mesure de payer. Cependant, si vous franchissez la ligne située entre la deuxième et la troisième case, vous devrez payer un point de victoire pour reculer ce marqueur davantage.
Lorsque vous obtiendrez une ou plusieurs ressources, vous déplacerez le marqueur correspondant vers la droite. Si ce marqueur atteint le marqueur blanc, ce dernier sera poussé d’une case vers la droite.

Une légère asymétrie entre les joueurs

Dans Opera Magna, la compétition pour les ressources est féroce. Afin d’éviter que tous les joueurs soient à la recherche des mêmes ressources, les plateaux de joueurs sont légèrement asymétriques. Chaque joueur débute avec une spécialité qui réduit ses coûts d’activation d’une ressource spécifique en plus d’avoir accès à des convertisseurs différents de ceux de ses adversaires. Cette légère asymétrie ne donne pas d’avantages à un joueur en particulier, mais elle permet de rendre certaines actions plus alléchantes pour un joueur que pour un autre. Cela évite que tous les joueurs effectuent les mêmes actions et soient intéressés par les mêmes bâtiments.

Ce joueur débute avec une réduction de coût d’activation d’un métal en fusion et les convertisseurs à gauche de son plateau sont différents de ses adversaires. S’il place un bâtiment dans la partie supérieure gauche de son plateau, il peut échanger un bois brut contre un bois raffiné pendant son tour…
… tandis que ce joueur doit dépenser deux bois bruts pour obtenir un bois raffiné s’il place un bâtiment dans la case centrale gauche de son plateau, mais il peut aussi convertir du métal en fusion en cloches, ce que son adversaire ne peut pas faire. Il dispose aussi d’une réduction de coût d’activation d’un sable plutôt que d’un métal en fusion.

Mon avis

Opera Magna est un vrai coup de circuit. Il offre une profondeur stratégique surprenante, tout en étant très accessible. La gestion de ressources est serrée, mais flexible, la présentation est superbe et influencer les marchés est un réel plaisir. Les marchés dynamiques fonctionnent à perfection et oblige les joueurs à réajuster leurs plans en cours de route en plus d’offrir une belle sensation de contrôle sur la partie. L’aspect worker placement, bien que moins développé que dans des jeux spécialisés dans cette mécanique, est adéquat. Vous devrez bien réfléchir à chacun de vos déplacements afin d’influencer les marchés selon vos besoins et cette manipulation de travailleurs vous empêche d’activer un lieu à répétition, ce qui oblige à faire preuve de flexibilité. De plus, les façons de marquer des points sont nombreuses et aucune partie ne se ressemblera grâce au choix aléatoire des pouvoirs de cités et des bonus de cathédrale. Gérer ses ressources afin de faire progresser son marqueur blanc vers la droite pour avoir accès aux bonus de cathédrale est aussi un véritable casse-tête. Bien que le jeu soit accessible, aucun tour de jeu ne sera simple. Vous devrez vous creuser les méninges pour optimiser chacun de vos tours, mais, les options intéressantes étant nombreuses, cela peut rendre certains tours un peu longs. Toutefois, c’est un maigre coût à payer pour profiter d’un jeu avec une aussi belle profondeur. Je dois aussi mentionner que, lors des parties à deux joueurs, les marchés manquent un peu de dynamisme et que les parties à quatre joueurs peuvent tirer en longueur. Malgré cela, j’ai eu beaucoup de plaisir à jouer avec tous les nombres de joueurs possibles, mais j’ai préféré les parties à trois joueurs qui sont, selon moi, parfaitement dosées. Cela étant dit, j’ai absolument adoré mon expérience! Opera Magna plaira à tous les amateurs de stratégie et je ne peux que vous le recommander vivement. Il trônera fièrement dans ma ludothèque et il y restera longtemps! Sans aucune hésitation, je lui donne l’excellente note de 9 sur 10.

Points positifs:

  • Un jeu accessible
  • Une belle profondeur stratégique
  • Une superbe présentation
  • La gestion de ressource est serrée, mais flexible
  • Les marchés dynamiques fonctionnent à la perfection et obligent les joueurs à réajuster leurs plans en cours de route en plus d’offrir une belle sensation de contrôle sur la partie
  • Les manières de marquer des points sont nombreuses
  • Une légère asymétrie entre les joueurs qui est très bien équilibrée et qui rend le jeu un peu plus intéressant
  • Un excellent rapport qualité-prix

Points négatifs:

  • Le choix de cartes de marché lors de la pige est moins important que je l’aurais souhaité
  • À deux joueurs, les marchés sont moins dynamiques
  • À moins d’être très expérimenté, les tours sont longs à jouer, ce qui rend les parties à quatre joueurs un peu longues

Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Opera Magna. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!

Un énorme merci à Ludus Magnus Studio de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.

Jean-Sébastien Beaudoin 
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Jean-Sébastien Beaudoin 

Jean-Seb est un joueur dans la trentaine et le papa d'une petite princesse de 5 ans. Il est propriétaire du site 2pjeuxvideo.com depuis novembre 2024 et conseiller en vente. Il est un collectionneur assidu et a découvert les jeux vidéo à l'âge de 4 ans avec la console Atari 2600 de ses parents. Depuis, il possède toutes les consoles Nintendo, PlayStation et Xbox récentes en plus d'être un adepte de la réalité virtuelle!

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