Critique: Dread Delusion
Voici notre critique du jeu Dread Delusion, testé sur Nintendo Switch 2.

Genre: Jeu de rôle, Exploration, Rétro
Développeur: Lovely Hellplace
Date de sortie: 14 mai 2024 (Steam), 17 mars 2026 (consoles)
Disponible sur PC, Nintendo Switch 2, PlayStation 5 et Xbox Series.
Il y a de ces jeux qui vous attirent au premier regard. Pas parce qu’ils sont dans la course pour le plus beau jeu de l’année, mais parce qu’ils adoptent fièrement des styles très particuliers. C’est le cas de Dread Delusion, le nouveau jeu de Lovely Hellplace, un studio de développement composé d’un seul membre, soit James Wragg, un dessinateur du Royaume-Uni. Son style unique rend tout ce qu’il touche intéressant et Dread Delusion ne fait pas exception. Ce titre vous fait voyager dans le passé lorsque les jeux faisaient aussi appel à notre imagination. Vous vous souvenez de ces jeux sur PlayStation 1 qui vous faisaient rêver? Aujourd’hui, en les regardant, il est évident qu’ils ne rivalisent pas avec les productions modernes, mais, grâce à votre imagination, ils paraissaient pourtant si jolis! En jouant à Dread Delusion, vous aurez le même sentiment. Visuellement, il propose un style old school que certains d’entre vous adoreront. Et même si les graphismes rappellent la belle époque de l’arrivée de la 3D, il est évident que la vision artistique est unique et elle transparaît dans les décors et l’architecture. Si vous êtes comme moi, Dread Delusion est un jeu qui vous fera rêver! Sans plus tarder, regardons ce que ce titre unique nous réserve!
Un monde sans dieux
L’histoire de Dread Delusion ne peut pas se résumer en quelques lignes. C’est un jeu avec un lore extrêmement complexes et des quêtes uniques et prenantes. Le jeu commence alors que vous êtes un prisonnier de l’Inquisition, et l’on vous confie la mission ingrate de chasser les mercenaires de l’Étoile sombre, en particulier la fille de l’amiral de l’Union, Vela Callose, qui s’est révoltée pour diriger les mercenaires et menacer la sécurité des membres de l’Union. Vous partirez à sa recherche dans la forteresse où elle se cache, mais, malheureusement, elle réussira à vous échapper. Vous devrez alors retrouver trois anciens membres des mercenaires dispersés dans le monde et les convaincre de vous aider à retrouver Callose.
Pendant votre aventure, vous vous ferez des alliés comme des ennemis. Vous développerez des relations avec les différents clans et en apprendrez sur ce qui se passe dans les différents royaumes. Les personnages sont bien développés, les royaumes ont tous leur propre réalité et les quêtes sont complexes. Les dialogues sont aussi l’un des points forts du jeu. Malgré le design très simpliste des personnages, leur personnalité est mise en avant-plan dans les textes comme peu de jeux savent le faire. Dans Dread Delusion, chaque conversation est un vrai régal!



Un monde qui ne demande qu’à être exploré
Le monde de Dread Delusion est étrange et inquiétant. Le monde est vaste et il regorge de secrets à découvrir. Dès votre arrivée, vous serez confrontés à l’immensité du paysage et le jeu ne vous prendra pas par la main. Vous pourrez explorer librement et vous serez naturellement attirés vers les points d’intérêts qui sont stratégiquement placés sur la carte. Vous commencerez votre périple dans la première zone, Pwyll, et vous retrouverez rapidement dans le village de Pwyll. Ici, vous rencontrerez les villageois et découvrirez ce qui se trame dans ces terres étranges. Vous serez introduit au thé de Scryshroom et apprendrez pourquoi les récoltes sont de moins en moins fructueuses.
Dread Delusion mise tout sur l’exploration. En fait, le titre est vendu comme un mélange de jeu de rôle et de simulateur de marche. Vous passerez donc la majorité de votre temps à explorer et c’est ce qui m’a le plus attiré. L’expérience se gagne principalement en explorant. Les points d’XP sont remplacés par des crânes que vous trouverez un peu partout derrière des portes verrouillées et des passages secrets. Une fois cinq crânes trouvés, vous obtiendrez un point à attribuer à l’une de vos statistiques, soit la force, la dextérité, la magie et le charisme. Entrer dans une maison et voir une pièce inaccessible est toujours un régal. Vous devrez souvent bien chercher afin de trouver des chandeliers à tirer qui activeront un mécanisme ou un passage secret qui vous permet d’accéder à la pièce dans laquelle se trouve le butin.



Le monde regorge d’îles flottantes sur lesquelles se trouvent des châteaux, des villes, des tours de guet et plus encore. Vous pourrez y accéder en empruntant des ponts ou des ascenseurs, mais vous pourrez également avoir accès à votre propre bateau volant, qui vous permettra de jeter l’ancre où vous le souhaitez et de vous déplacer beaucoup plus rapidement. Parce que l’exploration est géniale, mais elle est aussi parfois fastidieuse. En effet, les points de voyages rapides sont pratiquement inexistants, alors vous devrez retracer vos pas fréquemment pour compléter les nombreuses quêtes que vous vous verrez confier.
Je le dis et je le redis, l’exploration et le sentiment de découverte sont vraiment incroyables. Je n’avais pas été fasciné par un jeu comme je l’ai été par Dread Delusion depuis un bon moment. L’architecture des bâtiments est superbe, les villes sont toutes uniques et les environnements sont surprenants. Je me suis maintes fois arrêté pour prendre des photos en me disant « Wow, qu’est-ce que c’est beau! ». Chaque nouvelle zone, chaque nouvelle rencontre et chaque nouvelle ville vous fait vivre une aventure incroyable.
Un jeu de rôle pur et dur
Dread Delusion est un jeu de rôle qui concentre ses efforts sur les quêtes, les relations avec les quatre grandes factions et l’exploration. Vous commencerez le jeu en étant un moins que rien, mais vous attribuerez tranquillement des points dans les quatre statistiques principales et vous dénicherez des pièces d’équipement qui vous permettront de vous spécialiser dans le combat au corps à corps, la magie, la dextérité ou le charisme. Ici, le charisme est particulièrement important, puisqu’il vous permettra d’obtenir plus d’informations de la part des PNJ et il vous permettra aussi d’accéder à des endroits inédits. J’ai initialement voulu me spécialiser en magie, mais je me suis vite rendu compte que les sorts offensifs étaient peu communs. À part lancer des fléchettes magiques, la magie est surtout réservée à des sorts de soutiens, comme des bonus d’agilité ou même la possibilité de changer la période du jour ou de vous téléporter au dernier cristal de sauvegarde visité. Heureusement, j’ai vite concentré mes efforts pour augmenter ma force et ma dextérité, ce qui m’a permis d’être efficace au combat. À ce niveau, le jeu n’offre pas suffisamment de flexibilité. Les pièces d’équipement ne sont pas particulièrement nombreuses et les points de statistiques assignés ne sont pas contraignants. Savoir bien équilibrer vos statistiques et passer d’un équipement à l’autre est la meilleure façon de jouer, mais c’est aussi un peu dommage de ne pas réellement avoir un avantage à se spécialiser dans une catégorie en particulier.



Toutefois, là où l’aspect jeu de rôle prend tout son sens est dans les quêtes et les interactions avec les personnages. Je tiens à dire que les interactions avec les PNJ sont vraiment mémorables et que les quêtes sont toutes uniques et amusantes. Que ce soit enquêter sur un groupe de cultistes qui opèrent la nuit dans un lieu caché, en convainquant une mère de vendre sa fille comateuse à une entreprise de fabrication de fioles de vision ou en administrant un poison à un prince qui regrette que son père ait choisi la souffrance en échange de sa liberté, les quêtes sont toutes intéressantes. Elles sont remplies de dilemmes éthiques dont les conséquences affecteront directement vos liens avec les personnages et les différentes factions. Vous serez amené à visiter des lieux fascinants et vous n’aurez pas fait deux pas que de nouvelles opportunités d’aventure se présenteront à vous. L’écriture est tout simplement sans failles et, bien que les modèles des personnages soient très simplistes, les dialogues vous permettront de bien comprendre l’attitude de chaque personnage et de faire ressortir leurs traits de caractère. Je me souviendrai longtemps du garde nonchalant qui me refusait le passage vers le Clockwork Kingdom.


De plus, Dread Delusion offre la possibilité d’acheter des propriétés, de les rénover et de les décorer. Pouvoir élire domicile dans le royaume de mon choix m’a beaucoup plus. Ce genre de détail contribue toujours à l’immersion. Avoir une résidence dans n’importe quel jeu du genre me plaît depuis toujours. C’est impressionnant que James Wragg ait pris le temps d’ajouter de telles fonctionnalités à son jeu. Il savait pertinemment que ces éléments amplifieraient le côté jeu de rôle du titre et il a visé dans le mille.


Les combats, est-ce vraiment nécessaire?
Dread Delusion a été créé dans le but de faire un jeu de rôle qui met moins l’accent sur les combats et plus sur l’exploration, les quêtes et l’histoire. Il est donc normal que les combats prennent moins de place dans ce jeu que dans les titres modernes. Toutefois, bien qu’ils n’occupent pas un rôle central, ils auraient tout de même pu être plus amusants. Les contrôles sont aussi old school que les graphismes et les combats font fortement penser à ce que nous pouvons voir dans des jeux comme Might and Magic. Les combats sont très simples et demandent vraiment peu de stratégie. Il suffit de donner quelques coups d’épée en reculant suffisamment pour éviter les attaques ennemies entre nos propres coups et le tour est joué. Bien que les ennemis soient variés, ils agissent tous de la même façon et l’intelligence artificielle est peu développée. Les combats ne sont qu’une façon de vous occuper pendant les déplacements. Pendant ma vingtaine d’heures de jeu, je n’ai jamais trépassé face à un ennemi et mes potions de soin ne faisaient que s’accumuler dans mon sac à dos. Toutefois, bien que les combats soient décevants, ils sont aussi mis au second plan et ne diminuent pas le plaisir relié à l’exploration.


Visuellement surprenant
En visionnant les bandes-annonces du jeu, vous pourrez bien voir le style visuel que le développeur a choisi, mais c’est en explorant que vous pourrez vraiment l’apprécier. Comme je l’ai mentionné précédemment, je me suis souvent arrêté pour prendre des photos en me disant « Wow, qu’est-ce que c’est beau! ». La vision artistique est surprenante et c’est un titre qui montre bien que les graphismes sont souvent bien secondaires. Dread Delusion est la preuve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des graphismes à la fine pointe de la technologie pour être amusant. Les images ci-dessous témoignent de la beauté du paysage et de la complexité de l’architecture. Alors je vous laisse savourer quelques images, puisque, comme on le dit souvent, une image vaut mille mots!



Mon avis
Dread Delusion est un titre surprenant. Si certains d’entre vous risquent de ne pas aimer les graphismes, je suis persuadé qu’ils auront l’effet contraire pour plusieurs joueurs. Dans mon cas, c’est ce qui m’a immédiatement attiré vers le titre. J’ai grandi avec des jeux comme Might and Magic, Ultima et les plus vieux Elder Scrolls et je suis nostalgique de cette époque qui mettait notre imagination à profit. Des graphismes simples ne sont pas synonymes d’aventure médiocre. En fait, c’est souvent tout le contraire. Mais malgré cette simplicité, la vision artistique du créateur est mise de l’avant. Les paysages sont étranges et mystérieux et l’architecture sort tout droit des meilleurs contes fantastiques. Dread Delusion met l’accent sur l’exploration, les quêtes et l’intrigue. Sur ces points, le jeu est dur à battre. Chaque recoin cache des secrets, les dialogues sont mémorables et les différentes zones ont toutes une identité visuelle forte et un background historique complexe. S’infiltrer de nuit dans un commerce en crochetant la serrure pour accéder à des pièces inaccessibles de jour, s’acheter un manoir délabré pour le rénover et s’y établir, prendre des décisions difficiles lors des quêtes, découvrir des passages secrets en tirant sur des chandeliers et en manipulant des statues et, finalement, avoir accès à notre propre bateau volant qui nous permet d’explorer le monde avec aise et style est un vrai régal. Certes, les combats ne sont pas très complexes et la personnalisation du personnage est assez secondaire, mais tout le reste est un vrai charme. C’est un titre qui m’a immédiatement conquis et je n’ai jamais cessé d’être impressionné par le level design, la qualité des dialogues et la profondeur des quêtes et du développement des personnages. Si vous êtes nostalgique de l’époque où tout était plus simple, mais où la jouabilité était plus importante que la présentation, ce jeu est fait pour vous. J’ai adoré mon expérience et je donne à Dread Delusion la note de 8.5 sur 10.
Points positifs:
- L’exploration est vraiment très agréable
- Visuellement, c’est une réussite totale
- Les dialogues et les quêtes sont ridiculement intéressants
- Le concept des îles flottantes est unique et fascinant
- La progression est bien dosée
- Vous aurez toujours quelque chose à faire
Points négatifs:
- Les combats ne sont pas très excitants
- Les formules magiques et les pièces d’équipement ne sont pas très variées
- L’impossibilité de laisser des notes sur la carte
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Dread Delusion. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à DreadXP de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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