Premières impressions: Cinderia
Voici nos premières impressions du jeu Cinderia, testé sur PC.

Genre: Action, Hack ’n’ Slash, Roguelite
Développeur: MyACG Studio
Date de sortie: 30 mars 2026 (accès anticipé)
Disponible uniquement sur PC.
Des roguelites prometteurs, on en voit passer souvent. Mais des roguelites qui donnent envie d’enchaîner les parties alors qu’ils sont encore manifestement inachevés, il y en a beaucoup moins. Heureusement, Cinderia fait partie de ceux-là. Encore en accès anticipé, le jeu de MyACG Studio n’arrive pas avec la finition d’un poids lourd du genre ni avec la précision d’un titre déjà complètement poli. En revanche, il débarque avec quelque chose de plus important: une vraie personnalité, une boucle de jeu accrocheuse, et surtout une profondeur de build qui donne rapidement envie d’expérimenter.
Cindera
Dans son univers de fantasy sombre ravagé par les flammes et la corruption, Cinderia nous plonge dans un monde en ruines où quelques survivants sont encore capables d’absorber une magie noire sans être totalement corrompus. Le cadre reste relativement classique, mais il installe bien l’ambiance. Ce n’est pas par son scénario que le jeu frappe fort, mais par l’atmosphère qu’il dégage et par sa volonté de donner une identité visuelle claire à son monde.
Là où Cinderia devient réellement intéressant, c’est dans sa structure de gameplay. Le titre repose sur un système de fusion entre différentes braises et des cartes de compétence, ce qui permet de transformer ses attaques, de modifier leurs propriétés et d’orienter une « run » vers un style de jeu beaucoup plus spécialisé qu’on pourrait l’imaginer au départ. Très vite, on comprend que le jeu ne veut pas seulement nous bombarder de bonus statistiques. Il veut nous faire construire une manière de jouer.



Parlons jouabilité
La jouabilité est précisément ce qui le rend déjà plus convaincant que bien d’autres roguelites du marché. Trop de jeux du genre confondent abondance et richesse. Ils annoncent des centaines d’améliorations, mais une bonne partie de ces choix n’ont qu’un impact tiède sur les sensations de jeu. Cinderia, lui, semble beaucoup plus soucieux de rendre ses décisions concrètes. Quand une synergie fonctionne, elle change vraiment le tempo d’une tentative. Quand une compétence pivote vers une autre version, on ne sent pas seulement un chiffre augmenter, le gameplay change, il évolue.
Cette philosophie fonctionne d’autant mieux que le jeu arrive déjà avec une base de contenu très respectable pour un accès anticipé. Entre ses quatre personnages jouables, leurs nombreuses compétences, les équipements, les événements aléatoires et les différentes améliorations disponibles, Cinderia donne rapidement l’impression d’un projet qui entre en accès anticipé avec quelque chose de solide entre les mains. On n’est pas face à une coquille vide ou à une simple démonstration d’intentions. Il y a déjà assez de matière pour justifier qu’on s’y investisse, surtout si l’on aime tester des builds, rater, recommencer et découvrir des combinaisons inattendues.


C’est probablement là que le jeu montre sa meilleure qualité. Il ne donne pas toujours ses meilleures idées immédiatement. Certaines compétences paraissent anecdotiques avant de devenir centrales une fois combinées aux bons effets. Certaines approches trop évidentes s’écroulent contre un boss mieux conçu que prévu. Et cette capacité à nous forcer à revoir nos certitudes rend l’ensemble beaucoup plus intéressant que la simple accumulation de loot/buff. Cinderia comprend une chose essentielle: dans un bon roguelite, l’échec doit apprendre quelque chose et récompenser.
Les combats
En combat, le ressenti est globalement très bon. Les affrontements sont nerveux, dynamiques, et suffisamment satisfaisants pour porter la boucle de jeu pendant plusieurs parties de suite. Les attaques ont de l’impact, les animations soutiennent bien l’action, et l’ensemble maintient une belle énergie. Le jeu ne réinvente pas complètement le genre, mais il sait rendre ses affrontements engageants, ce qui est déjà beaucoup. On sent aussi une vraie volonté de différencier ses personnages jouables, autant dans leur jouabilité que dans leur identité.



Dark fantasy en 2.5D
Visuellement, Cinderia s’en sort aussi assez bien. Sa direction artistique dark fantasy en 2.5D fonctionne malgré l’aspect « chibi », notamment grâce à ses effets et ses animations. Le jeu ne cherche pas le réalisme, mais l’impact visuel, et sur ce point, il marque des points. L’ensemble reste agréable à regarder même quand une partie tourne mal, ce qui compte énormément dans un genre fondé sur la répétition. Parlant de répétition, plusieurs choses sont mises en place pour éviter la monotonie. Plusieurs types d’améliorations sont présentes sans compter les salles spéciales, des minijeux et les nombreuses découvertes. Malgré le stade de développement, on retrouve déjà énormément de contenu. Évidemment, tout cela vient avec les limites propres à l’accès anticipé. Cinderia est déjà convaincant, mais il n’est pas encore complètement maîtrisé.



Les retouches
La première faiblesse reste son niveau de finition général. Rien de dramatique, rien qui donne l’impression d’un projet lancé trop tôt au point d’être à moitié cassé, mais suffisamment d’irrégularités pour rappeler qu’il reste encore du travail. Certaines séquences donnent une impression d’équilibrage mouvant, certaines combinaisons paraissent plus naturelles ou plus efficaces que d’autres, et l’ensemble manque encore du raffinement qui permettrait au jeu de transformer un bon système en machine parfaitement huilée.
À cela s’ajoute la question de la localisation. Comme plusieurs productions indépendantes du même profil, Cinderia souffre encore de textes qui manquent parfois de naturel ou de clarté. Ce n’est pas seulement un détail cosmétique. Dans un jeu où l’on manipule beaucoup de compétences, d’effets et de systèmes, une traduction approximative peut brouiller la lecture de certaines mécaniques ou affaiblir l’impact narratif. Le problème ne ruine pas l’expérience, mais gagnera à être retouché. Le récit, justement, demeure pour l’instant davantage une toile de fond qu’une vraie force. L’univers a du style, les personnages ont une présence, mais la narration ne porte pas encore le tout avec assez de force pour devenir un argument majeur.

Mon avis
Au final, Cinderia réussit quelque chose d’assez rare pour un accès anticipé : donner envie de croire à son avenir sans retenue. Oui, le jeu est inachevé. Oui, certains aspects doivent encore être équilibrés, clarifiés ou peaufinés. Mais la base est déjà là, et elle est bonne. Sa plus grande force, c’est qu’il ne repose pas uniquement sur des promesses de contenu futur. Il offre déjà une boucle satisfaisante, un système de build très stimulant et assez de personnalité pour sortir du lot. Les adeptes de roguelites d’action devraient garder un œil attentif sur ce titre. Dans l’état actuel des choses, Cinderia brûle déjà assez fort pour qu’on ait envie de le voir devenir plus grand.
Points positifs:
- Une très bonne base de contenu pour un titre en accès anticipé
- Quatre personnages suffisamment distincts pour nourrir la rejouabilité
- Une excellente profondeur de build
- Un plaisir constant d’expérimentation
Points négatifs:
- L’équilibrage est encore en construction
- La clarté de certains textes reste à améliorer
Merci d’avoir pris le temps de lire nos premières impressions du jeu Cinderia. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à MyACG Studio et NPC Entertainment de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
- Premières impressions: Cinderia - 10 avril 2026
- Critique: The Bearer and the Last Flame - 31 mars 2026
- Premières impressions: Fallen Tear: The Ascension - 22 mars 2026
