Critique: Peregrino
Voici notre critique du jeu Peregrino testé sur PC.

Genre: Survie, Dark Fantasy, Horreur, Jeu de rôle
Développeur: Inverge Studios
Date de sortie: 6 mars 2026
Disponible uniquement sur PC.
Peregrino se présente comme un mélange de RPG de survie, de dark fantasy et d’exploration isométrique, où la gestion des ressources et la progression passent autant par la prudence que par la planification. Développé et édité par Inverge Studios, et lancé le 6 mars 2026 sur PC, le jeu propose une structure divisée entre l’exploration le jour et la gestion du campement la nuit. Dans cette aventure, nous devons parcourir une forêt sinistre, récolter des ressources, chasser, fabriquer de l’équipement et améliorer progressivement une caravane qui sert de camp de base. La particularité de la jouabilité repose sur cet équilibre constant entre progression et survie, où chaque action consomme du temps et où chaque décision peut avoir des conséquences directes sur notre capacité à continuer l’expédition. L’objectif est simple dans sa conception : survivre, explorer, s’améliorer, puis avancer toujours plus loin jusqu’au Nouvel-Éden. Dans cette critique, nous allons analyser plus en détail les différents aspects du jeu: ses mécaniques de gameplay, ses systèmes de gestion et d’artisanat, la conception de ses combats, son exploration ainsi que ses forces et ses limites dans son état actuel.
Une prise en main accessible, mais mal guidée
Peregrino adopte une approche relativement accessible. Le tutoriel, présenté sous forme d’encadrés descriptifs. Ceux-ci décrivent efficacement les mécaniques principales et installations du camp. Cependant, malgré ces détails, j’aurais aimé avoir, en plus de ces explications, un petit guide de démarrage pour nous indiquer les bases pour bien commencer la partie et pas seulement une explication dédiée à l’explication des bâtiments et des minijeux. Notamment pour ceux qui sont moins familiers avec les jeux de survie. Nous devons parfois apprendre par expérimentation, ce qui peut ralentir les débuts et les rendre plus difficiles aussi.
Le jeu se joue avec le clavier et la souris. Les contrôles sont simples et fonctionnels, mais il aurait été plaisant d’avoir la possibilité de personnaliser les touches, ou au moins voir le schéma de contrôle dans le menu. En cours de partie, j’ai découvert quelques raccourcis clavier que j’aurais aimé connaître dès le départ.



La jouabilité
Le cœur de Peregrino repose sur une boucle classique, mais efficace: explorer, récolter, fabriquer et survivre. À cela s’ajoute une gestion de plusieurs ressources, comme la faim, la santé, la foi, la fatigue, le temps et la durabilité des équipements et l’inventaire. Au début, on est un peu laissés à soi-même, sans savoir dans quelle direction aller. On choisit un chemin et l’on fait notre possible avec les outils que l’on a en notre possession. On récolte des ressources qui nous aident à améliorer notre caravane et notre équipement.
Le sac à dos introduit une mécanique intéressante et originale où chaque objet possède une forme spécifique, transformant la gestion d’espace en un genre de Tetris. Cette idée fonctionne bien, mais nous oblige à faire de courtes expéditions, puisque l’on est toujours encombré. Cet aspect devient moins problématique lorsque l’on augmente la taille de l’inventaire en ajoutant des poches supplémentaires à notre sac à dos. Le système de stockage au campement compense partiellement cette limitation, mais crée une incohérence dans la gestion globale. La nuit change, elle aussi, radicalement la dynamique du jeu. Pendant la nuit, lors de l’exploration, les ténèbres nous poursuivent et il faut trouver une zone sécurisée sans quoi la mort est assurée. Avec le temps, une routine s’installe. On optimise chaque action, chaque déplacement, chaque ressource, et l’on se méfie du noir!



La caravane et ses installations
La caravane, alias notre campement, agit comme base principale. C’est un espace évolutif où chaque amélioration ouvre la porte à de nouvelles possibilités. Au départ, seules quelques installations de base sont disponibles, mais l’ensemble s’enrichit progressivement à mesure que nous déverrouillons de nouvelles structures grâce aux ressources récoltées lors de nos expéditions via la table des plans.
Parmi les installations essentielles, on retrouve le traiteur qui permet de déconstruire les objets afin d’en extraire les matériaux de base facilitant ainsi la gestion des ressources. La cuisine, quant à elle, apporte une dimension plus dynamique en permettant de combiner différents ingrédients pour obtenir des repas plus efficaces, offrant une meilleure satiété ainsi que des effets supplémentaires selon les recettes utilisées. Le coffre de stockage, accessible dès le début, offre un espace illimité pour entreposer les ressources accumulées, allégeant ainsi les contraintes de l’inventaire lors des expéditions. L’atelier sert à fabriquer les outils indispensables, comme les haches, arcs ou flèches, tandis que le tisserand, une fois débloqué, permet d’améliorer la capacité du sac à dos et de confectionner des armures plus performantes. Celui-ci s’accompagne d’une table de couture, qui permet d’intégrer concrètement ces améliorations à l’équipement.



Plus tard, la forge vient enrichir encore davantage les possibilités en offrant l’amélioration de certains matériaux, des armes de mêlée et des pièges. Elle est équipée d’un four qui peut être utilisé pour certaines transformations plus avancées. Enfin, le laboratoire complète cet ensemble en donnant accès à la fabrication de potions, ajoutant une couche supplémentaire de préparation avant les expéditions. Dans son ensemble, la caravane constitue un système cohérent et structurant, centralisant toutes les mécaniques de progression et renforçant le sentiment d’évolution, même si cette dernière peut parfois sembler limitée dans ses effets concrets.


Les combats
Au début, les affrontements sont particulièrement difficiles. Faire face à plusieurs ennemis représente un véritable danger, notamment en raison du manque d’agilité du personnage. Cette difficulté contribue à instaurer une tension constante. Cependant, cette intensité diminue très rapidement. Une fois que nous avons accès à l’arc et que les comportements ennemis sont assimilés, les combats deviennent plus prévisibles. Toutefois, les ennemis ne sont pas particulièrement variés et ce manque de variété se fait de plus en plus ressentir en progressant dans l’aventure.
De plus, les armes à distance prennent rapidement le dessus, rendant les combats au corps à corps moins pertinents. Cela limite les possibilités stratégiques et réduit la diversité du gameplay. Le fait que l’esquive ne propose pas une période d’immunité rend le combat au corps à corps presque impossible, sauf si l’adversaire possède un arc. Puis, lorsque l’on a un fusil, une arme de fin de jeu, il n’y a plus aucun défi. Avec une arme à feu, vous vaincrez tous les ennemis en un coup, sauf les plus coriaces qui en prendront deux.


Les quêtes
Le jeu possède un petit système de quête, mais celles-ci sont souvent très simples. Vous aurez droit à une courte présentation du PNJ, avec une petite narration, et le but est généralement de fabriquer un objet pour eux ou d’en chercher un en particulier. Il y a très peu de personnages dans le jeu avec qui l’on peut interagir, on fait vite le tour. De plus, ceux-ci n’apportent rien à l’histoire, ce ne sont que des passants. Même si l’on passe à côté de l’un d’eux, ce n’est pas plus grave que cela, car les récompenses ne sont habituellement pas extraordinaires. Par contre, ils contribuent à remplir un peu le vide dans certaines zones.


Des mécaniques de jeu originales, mais discutables
Les minijeux liés à l’utilisation des outils de récolte constituent une des idées originales du jeu. Chaque action de récolte demande un certain timing et un alignement précis, rendant ces interactions plus actives. Cependant, sur la durée, ces mécaniques ralentissent le rythme du jeu. Ce qui pouvait sembler engageant devient répétitif. Le fait qu’il soit possible de les désactiver via le menu souligne leur caractère non essentiel. Dès que ceux-ci ont été désactivés, la progression dans le jeu va beaucoup plus vite, ce qui donne l’impression que ces minijeux ne sont là que pour étirer la durée du jeu en réalité.
Comme dans tout autre jeu de survie, il y a une durabilité pour presque tout ce qui concerne nos équipements. Mais ce jeu ne détériore pas la nourriture avec le temps. L’artisanat occupe une place importante, mais trop simple. Malgré les efforts investis, les améliorations obtenues apportent peu de changements significatifs à notre évolution. Même avec un équipement avancé, à l’exception du fusil, les différences restent limitées, ce qui donne une impression de stagnation. Cette sensation est renforcée par la répétitivité des actions nécessaires pour progresser.



L’exploration
Les premières heures offrent une exploration captivante. L’univers est visuellement réussi, avec une direction artistique stylisée et des animations fluides qui renforcent l’immersion. Cependant, cet intérêt diminue avec le temps. Le manque d’ennemis, de points d’intérêt et de récompenses alléchantes réduit progressivement l’envie d’explorer. L’inconnu devient familier, et la tension initiale s’estompe. La seule chose qui perdure, c’est la peur de la nuit.
L’absence de sauvegarde automatique et la perte complète de progression en cas d’échec renforcent la tension, mais peuvent aussi décourager, car à moins d’avoir à priori interagi avec une lanterne en début de partie, rien ne nous explique cela, ce qui peut être frustrant pour certains au début de partie. Une fois que l’on sait qu’on peut sauvegarder notre partie en touchant une lampe, c’est déjà plus agréable.


Conclusion
Peregrino propose une base solide, avec des idées intéressantes et une direction artistique réussie. Son système de survie est complet, et certaines mécaniques témoignent d’une réelle volonté d’innovation. Cependant, plusieurs éléments viennent freiner l’expérience: une progression peu gratifiante, une exploration qui perd rapidement en intérêt, et des mécaniques qui alourdissent le rythme. En désactivant les minijeux de récolte, ma vitesse d’exploration a facilement quadruplé, puis là, on se rend compte du vide dans les zones. Dans l’ensemble, Peregrino donne l’impression d’un jeu avec un bon potentiel, mais encore imparfaitement exploité. Malgré ces défauts, l’expérience reste globalement positive, surtout par rapport à son prix. Il demeure un titre recommandable pour celles et ceux qui aiment les jeux de survie, à condition d’accepter ses contraintes. La bande sonore adopte une approche discrète, mais efficace. Elle accompagne l’ambiance sans jamais s’imposer, laissant parfois place au silence pour renforcer la tension. Sur le plan technique, l’ensemble est globalement stable. Quelques problèmes de traduction et d’encodage sont présents, mais restent mineurs et n’entravent pas la compréhension globale. De plus, le jeu pourrait grandement s’améliorer en ajoutant de nouveaux types d’ennemis, et en balançant un peu certains objets, comme le fusil, qui est un peu trop puissant. Pour terminer, j’accorde à Peregrino la note de 6.5 sur 10.
Points positifs:
- Une direction artistique réussie et une ambiance immersive
- Un système de survie complet
- L’évolution du campement est bien structurée
- La gestion du sac à dos est intéressante
- Des idées originales au niveau de certaines mécaniques de jeu
- Un bon rapport qualité-prix
Points négatifs:
- Peu de place à la variété des combats, le jeu nous oblige quasiment à utiliser une arme à distance
- Une progression parfois peu gratifiante
- L’exploration devient répétitive
- Un manque de variété en ce qui concerne les ennemis
- Des mécaniques de jeu qui ralentissent le rythme
- L’impossibilité de personnaliser les contrôles
- La trame narrative manque de profondeur
Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Peregrino. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!
Un énorme merci à Inverge Studios de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.
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