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Critique: Sovereign Syndicate

Voici notre critique du jeu Sovereign Syndicate, testé sur PlayStation 5.

Genre: Jeu de rôle, Steampunk
Développeur: Crimson Herring Studios
Date de sortie: 15 janvier 2024 sur PC et 29 janvier 2026 sur consoles

Disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series.

Il y a quelques semaines, nous avons fait la critique du jeu Hunter’s Moon: A Sovereign Syndicate Adventure, un Roguelite Deckbuiler dans l’univers de Sovereign Syndicate. Aujourd’hui, il est donc temps de vous parler du jeu original qui, lui, est un jeu de rôle conventionnel avec une forte thématique Steampunk. Crimson Herring Studios, le studio de développement derrière ce jeu, est un jeune studio canadien basé en Alberta et fondé en 2020. Sovereign Syndicate est un jeu de rôle pur et dur dans lequel vous passerez la majorité de votre temps à lire des textes, interagir avec votre environnement et vous forger une personnalité. C’est un jeu dans lequel chacune de vos réponses a une conséquence directe sur l’histoire et sur votre personnage. Sans plus tarder, regardons ensemble ce que ce titre a d’unique!


Les 15 premières minutes de jeu: la dose mortelle!

Londres

Dans Sovereign Syndicate, vous incarnerez trois personnages principaux, soit Atticus Daley, le Minotaure orphelin, Clara Reed, une ancienne mercenaire devenue courtisane qui tente de quitter Londres, et Theodore et son fidèle robot Otto, les chasseurs de monstres. L’histoire des trois personnages est étroitement reliée et tourne principalement autour du tueur de courtisanes, du kidnappeur d’orphelin et des mystères entourant les lycanthropes qui arpentent les rues de Londres. Sovereign Syndicate vous plonge dans un univers noir et impitoyable qui met de l’avant la misère des citoyens et les crimes violents. C’est une histoire très sombre qui provoquera certainement des réactions en vous. Vous évoluerez dans Londres à l’époque victorienne et dans une thématique Steampunk qui convient parfaitement à l’histoire et aux personnages. Dans ce monde, êtres humains, centaures, cyclopes et autres créatures légendaires se côtoient de façon très naturelle.

Les écrans de chargement servent de mise en contexte.
Atticus Daley, le Minotaure orphelin.
Clara Reed, la courtisane mercenaire.
Teddy et Otto, les chasseurs de monstres.

Des textes, des textes, et encore des textes

Le principe de jeu est très simple. Vous arpenterez les rues de Londres à la recherche d’alliés et d’informations vous permettant de compléter vos différentes quêtes. Pour ce faire, vous devrez interagir avec une multitude de personnages. Sovereign Syndicate est un jeu de rôle qui se déroule majoritairement en texte. Il offre quelques possibilités d’exploration et d’interaction avec l’environnement, mais 90% de votre aventure se résumera à lire des textes. Par le biais de ces textes, vous ferez évoluer vos personnages, vous éluciderez des mystères et vous découvrirez un monde rempli d’intrigues de toutes sortes.

Les textes sont particulièrement bien écrits.
Vous rencontrerez des personnages colorés.

Les cartes de tarot


Ce qui rend Sovereign Syndicate unique est l’utilisation de cartes de tarot au lieu de dés pour les actions qui impliquent des probabilités. Dans votre paquet de cartes, vous aurez 20 cartes, dont le « Ward », qui assure une réussite et le « Fool », qui assure un échec. C’est un peu l’équivalent d’un dé à 20 faces sur lequel le 20 représente un coup critique et le 1 représente une maladresse. Lors des dialogues, vous aurez parfois à piger des cartes pour déterminer si un choix de réponse est une réussite ou un échec. Par exemple, si vous questionnez un citoyen à propos d’un sujet sensible, il se peut que vous deviez piger une carte de tarot et les chances de réussites seront basées sur l’une de vos statistiques principales, comme l’instinct animal, l’esprit, la vivacité ou la discipline. Si la cible de difficulté est de 20 et que votre statistique est de 12, vous devrez piger un 8 ou plus pour réussir.

Ici, les cartes remplacent les dés.
Et c’est une réussite!

En accomplissant certaines quêtes ou certaines actions spécifiques, il se peut aussi que vous obteniez certaines cartes uniques qui déverrouilleront certaines options lors des dialogues. Par exemple, la carte du magicien déverrouillera le trait de caractère « humilité ». Il sera désormais possible de choisir certaines options de dialogue qui étaient précédemment verrouillées. Au total, une vingtaine de cartes uniques peuvent être obtenues selon les réponses que vous donnerez lors de vos échanges avec les autres personnages. Ces cartes vous permettront de vous forger une personnalité et de rendre votre personnage unique. Il s’agit d’un élément de Role Play que j’ai bien aimé.

Vos réponses forgeront votre personnalité.
Les traits de personnalité sont représentés par des cartes de tarot uniques.

L’évolution des personnages

Plus l’aventure progressera, plus vos personnages se développeront. Comme nous venons tout juste de le voir, ils obtiendront des traits de caractère qui leur permettra de déverrouiller de nouvelles options de dialogue, mais leurs statistiques évolueront aussi avec le temps. Les réponses que vous choisirez et les réactions que vous déciderez d’avoir vous donneront des points qui augmenteront vos statistiques. Par exemple, l’instinct animal de votre personnage augmentera avec le temps si vous choisissez les options de dialogues qui y sont reliés. Vous obtiendrez ainsi de la bile jaune et, lorsque vous en aurez reçu dix, vous gagnerez un point d’instinct animal. Chacune de vos statistiques peut être améliorée de cette façon pour vous permettre de spécialiser votre personnage dans certains aspects de sa personnalité.

Selon vos réponses, vous améliorerez vos statistiques.
Dix de ces points feront augmenter l’une de vos statistiques.
J’ai choisi l’instinct animal comme étant la statistique principale pour Atticus Daley.

Interaction et exploration

Bien sûr, tout n’est pas que dialogues. Vous avez plusieurs possibilités d’interaction avec l’environnement et d’exploration. Au niveau de l’interaction, en appuyant sur une touche, vous pouvez voir les différents éléments avec lesquels il est possible d’interagir. Certains éléments sont très anodins et d’autres sont plus importants. Il est possible d’interagir autant avec des barils vides qu’avec des affiches d’avis de recherche ou des mécanismes complexes. Ces éléments étant nombreux, vous prendrez l’habitude de « scanner » votre environnement, mais vous éviterez rapidement d’interagir avec les éléments les plus banals. Par exemple, une caisse remplie de poissons avariés ne mérite fort probablement pas d’être inspectée de près. En fait, il est même souvent souhaitable de l’éviter, puisque l’odeur risque de miner votre moral. Sovereign Syndicate propose aussi un système de moral et certaines actions déprimeront votre personnage alors que d’autres lui redonneront de l’espoir. C’est donc bien important de lire attentivement les choix de réponses pour choisir ceux qui reflètent une pensée optimiste si vous voulez garder une bonne santé mentale. De plus, certaines options de dialogues seront verrouillées selon votre état d’esprit. J’ai bien aimé ce détail qui ajoute une couche de Role Play et qui vous permet d’adopter un état d’esprit en particulier.

Les décors sont remplis de possibilités d’interaction.
Un simple tas de feuilles mortes peut jouer sur votre moral.

Au niveau de l’exploration, les choses se gâtent légèrement. En effet, bien que les environnements soient modérément vastes, ils sont aussi remplis de murs invisibles qui vous empêchent d’explorer. C’est un peu dommage, d’autant plus que ces limites invisibles sont très mal placées. Certains endroits donnent l’impression qu’ils peuvent être explorés librement, mais vous rencontrerez fréquemment un mur en plein centre d’une rue ou d’une allée. J’ai trouvé que ce détail venait énormément briser l’immersion. À l’intérieur des bâtiments, les limites sont plus naturelles. Des bancs, des portes fermées ou tout simplement des murs vous empêchent de progresser. Cependant, dans les espaces ouverts, comme les rues et les ruelles, aucun objet n’est mis en place pour vous barrer la route. Vous ferez tout simplement face à un mur invisible. Des piles de détritus, des barrières ou des matériaux de construction auraient facilement pu être placés à ces endroits pour indiquer la limite réelle des environnements.

Outre ce détail, les endroits à visiter sont plutôt uniques. Des bains publics où la consommation d’opiacés est maître aux boutiques exotiques en passant par la place centrale, qui est le centre névralgique de la ville, vous explorerez plusieurs environnements uniques et bourrés d’histoire. Ce n’est certainement pas un monde ouvert et vous visiterez les mêmes endroits plusieurs fois, mais le monde est suffisamment vaste pour ne pas causer de claustrophobie.

Malheureusement, les murs invisibles font partie intégrante de l’aventure.
Les décors sont réussis!
Il est possible de voyager facilement d’un endroit à un autre.

Graphismes et bande-son

Parlant de choses qui brisent l’immersion, le jeu regorge de bogues visuels qui peuvent être plus ou moins dérangeants. Le plus gros problème réside au niveau de l’éclairage. Comme vous pourrez le voir dans la courte vidéo ci-dessous, l’éclairage clignote dans plusieurs environnements lorsque le personnage se déplace. Je ne sais pas si ce problème existe sur la version PC du jeu, mais sur PlayStation 5, c’est très problématique. Si l’on exclut ce problème, le jeu est plaisant visuellement. Ce n’est rien d’extraordinaire, mais c’est suffisant pour profiter de l’aventure. Les graphismes ne sont pas à la fine pointe de la technologie, mais le style Steampunk victorien à beaucoup de charme. Les environnements sont uniques et les personnages ont un look distinct. Un détail que j’ai bien aimé en ce qui concerne l’interface est la possibilité d’ajuster la grosseur du texte. Pour nos vieux yeux, c’est un avantage qui n’est pas négligeable, d’autant plus que vous passerez la majorité de votre temps à lire des textes. Cependant, j’aurais aimé avoir droit à plus d’animations. Les séquences d’action sont représentées par des cases de bande dessinée et les animations en jeu sont pratiquement absentes. Le budget était assurément serré, mais pour un jeu qui se concentre sur l’histoire, quelques belles animations auraient été les bienvenues.

Ces bogues d’éclairage sont dérangeants.
Les environnements sont uniques et intéressants.
Les animations sont remplacées par des pages de bandes dessinées.

Au niveau de la bande-son, le jeu est très minimaliste. La musique d’ambiance est généralement absente et les bruitages sont minimalistes. C’est un peu dommage, puisque quelques musiques d’ambiance auraient élevé le jeu à un autre niveau. De plus, aucun doublage n’est inclus. Je suis conscient que doubler le jeu dans son entièreté aurait été coûteux, mais quelques phrases clés ici et là auraient donné beaucoup de personnalité aux différents personnages.

Un jeu de rôle qui se démarque

Sovereign Syndicate n’est pas un jeu pour tous les goûts. Si vous aimez les histoires uniques et les textes nombreux, vous devriez être ravis. Toutefois, si vous préférez les jeux de rôle d’action, ce titre n’est pas pour vous. Ici, les combats et les scènes d’action sont remplacés par de longs textes et des choix de réponses multiples. L’histoire est intrigante, le contexte est unique et les personnages sont attachants, mais, si vous êtes comme moi, vous devrez parfois prendre des pauses pour éviter de vous endormir. C’est un jeu de rôle dans sa plus pure expression. Le système de tarots est intéressant et les particularités de chaque personnage se reflètent bien dans les choix de réponse, mais tout se déroule en texte. C’est le genre de jeu dans lequel vous devrez éviter de faire dérouler les dialogues sans prendre le temps de les lire. Chaque réponse a une répercussion directe sur votre personnage et sur son équilibre mental. Dans ce style de jeu, Sovereign Syndicate se démarque par ses personnages attachants, son univers sombre et ses thématiques dérangeantes. Ce n’est pas un mauvais jeu, loin de là, mais il souffre de quelques problèmes techniques et de quelques choix de design douteux. Il ne vous conviendra pas si vous êtes du genre à vous lasser rapidement de lire des textes, mais si vous aimez vous plonger dans une histoire et connaître les moindres détails d’un univers, vous serez comblé. Cela étant dit, je lui donne la note de 6.5 sur 10.

Points positifs:

  • Des personnages attachants avec des histoires bien développées
  • Les différentes actions qui affectent le moral de vos personnages
  • Le système de cartes de tarot est bien pensé et facile à comprendre
  • Un univers engageant
  • Une immersion totale en ce qui concerne l’histoire et les textes…

Points négatifs:

  • … mais limitée au niveau des autres éléments de gameplay
  • Plusieurs bogues visuels qui entravent l’immersion
  • Des zones d’exploration trop restreintes

Merci d’avoir pris le temps de lire notre critique du jeu Sovereign Syndicate. N’hésitez pas à nous donner vos avis sur ce jeu dans la section commentaire, ci-dessous!

Un énorme merci à Zugalu Entertainment et Gamersky Games de nous avoir permis de tester le jeu pour en faire une critique.

Manowarkill
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Manowarkill

Jean-Seb est un joueur dans la trentaine et le papa d'une petite princesse de 4 ans. Il est propriétaire du site 2pjeuxvideo.com depuis novembre 2024 et conseiller en vente. Il est un collectionneur assidu et a découvert les jeux vidéo à l'âge de 4 ans avec la console Atari 2600 de ses parents. Depuis, il possède toutes les consoles Nintendo, PlayStation et Xbox en plus d'être un adepte de la réalité virtuelle!

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